LE CAPITAINE , LORRAIN
LE CAPITAINE
Serviteur, passager.
LORRAIN
Ah! bonjour, capitaine.
ÂGTS m, SGÈNB II. 45
LB CAPITAINB.
Je viens de condamner eti de mettre à la chaîne
Deux boui^eois qui chantaient , cette nuit , des refrains
Trop lestes et trop vifs pc^ur no^s autres marins.
Capitaine y pardon ; mais si je ne me trompe ,
J'ai vu...
[FoUant le signe àe haUer la main.)
LE CAPITAINE
Je n'aime pas, monsieur, qu'on m^interrompe ! Ce que vous avez vu , je Tai vu comme vous.
J'ai cueilli deux baisers sur le gant le plus doux. C'est l'usage en Toscane ; et jamais je n'oublie , En côtoyant ces ports , les modes d'Italie.
Lisez les voyageurs de ces heureux climats, Dupaty, lord Byron , Alexandre Dumas, Us disent tous qu'il faut , quand la nuit est venue , Embrasser une main ou deux^ gantée ou nue; Et que tout bon époux se pftine de bonheur Quand sa femme aux amis prodigii^ i^çt honneur.
LORRAIN
Je ne connaissais pas encore cet usage.
De la main quelquefois monte-t-on au visage?
LE CAPITAINE
Mettez plus de pudeur, monsieur, dans vos discours. On sonne le tocsin sur le pont , et je cours Préparer les canots. Ne perdons pas la tête ; Je pourrai vous montrer bientôt une tempête.
LORRAIN
Il ne me manque plus que cela !
LE CAPITAINE
Le danger Doit réjouir le emup d'un brave passager.
Vous allez voir, monsiear, un coup de vent superbe, Et qui partage en deux un mât comme un brin d'herbe. A Paris, vous pourrez peindre un jour cq tableau, Si vous devez sortir vivant du fo»d .de l'eau. Mais ne vous hâtez point de perdre ainsi courage : Si le vent saute au nord^ j'esquive le naufrage.
( Il remonte. )