SCÈNE VI
MARIO, SAINT-MARCEL
MARIO
A nous deux maintenant , Saint-Marcel ; il me semble Que nous avons un compte à discuter ensemble.
SAINT-MARCEL
Discutons , je veux bien.
MARIO
J'aime une femme, et toi, Au lieu de me servir» tu l'épouses pour moi !
4e LE PAQUEBOT.
SA1RT-MAECEL.
Pas encor.
Mes griefs sont assez légitimes ; Nous allons devenir deux ennemis intimes.
Mon histoire fait bruit ; même on en parlera A Paris, au foyer, tous les soirs d'Opéra.
Moi, je vais au-devant de tout; mais je recule A pas précipités devant le ridicule ; Et j'en serai couvert pour cela , Dieu merci ! Je suis venu jouer un triste rôle ici.
Pour ma divinité, je chante une romance Cette nuiti sur le pont, et ton amour commence A dix heures trois quarts , juste au dernier refrain , Quand ton devoir était de veiller sur Lorrain. Ton amitié me rend un singulier service.
Moi, j'étais le roué ; toi , l'amoureux novice , Et ton rôle a pourtant si bien été joué , Que l'amoureux novice a vaincu le roué.
SAINT-MARCEL
Le hasard est le seul coupable, et je me fie A l'heureux naturel de ta philosophie.
Les hommes comme toi, mon cher, ne sont pas nés Pour subir une chaîne et vivre emprisonnés.
Au reste , cette épreuve est loin d*étre finie; Mais il faudra vouloir ce que veut Herminie.
J'avais lait mon devoir, cette nuit, en partaàt : Qu'elle revienne à toi, je m'éloigne k l'instant.
MABIO*
Elle me reviendra»
SAINT-MARCEL
La chose est incertaine.
MARIO
Je me résigne alors.
Voici le capitaine*