‹ Le paradis de Dante Alighieri traduit en françaisChapitre 10 sur 25 · CHANT V · texte numérisé non relu

CHANT V

« St les éclairs qui s’échappent de mes regards t'éblonissent plus dans le ciel, au milieu du saint amour de Dieu, qu’ils ne t’éblouissaient sur la terre; si j'abaisse la puissance de tes yeux, ne t’étonne pas; cet effet provient de ce que ma vue est plus parfaite :

elle apprend bien, et ne se meut plus que dans ce qu’elle a bien appris. Je remarque cependant que l’éternelle lumière dont la seule vue embrase d'amour, brille maintenant dans ton intelligence. Si quelque chose l'égare, ce n'est qu’un vestige mal connu de cette même lumière. Tu désires savoir si par des actions estimahles on peut faire absoudre nne ame qui a manqué à ses vœux.» Béatrix me dit

Si comincid Beatrice questo canto :

E si coin’ uom che suo parlar non spezza, Continud cosi ‘1 processo santo.

Lo maggior don che Dio per sua larghezza Fesse creando , e alla sua bontate Più conformato, e quel ch’ ei più apprezza,

Fu della volontà la libertate, Di che le creature intelligenti, E tutte e sole furo e son dotate.

Or ti parrà, se tu quinci argomenti, L’ alto valor del voto, s’è si fatto, Che Dio cousenta , quandé tu consenti :

Che nel fermar tra Dio e l’uomoil patto, Vittima fassi di questo tesoro, Tal qual io dico , e fassi col suo atto.

Dunque, che render puossi per ristoro ?

Se credi bene usar quel ch’ bai offerto, Di mal tolletto vuoi far buon lavoro.

Tu se” omai del maggior punto certo.

Ma perché santa Chiesa in cd dispensa, Che par contrario al ver ch’ io t’ ho scoverto ,

Convienti ancor sedere un poco a inensa, Perocchè ’I cibo risido ch hai preso Richiede ancora ajuto a tua dispensa.

LE PARADIS. CHANT V. 59 ces paroles par lesquelles je commence ce chant, et sans s'interrompre , elle continua en ces termes ses saintes explications : « Le pins grand don que Dieu ait accordé, en vous créant, le dun qu’il apprécie le plus, et qui est le plus confarme à sa bienfaisance , est la liberté de la volonté. Ce bienfait a été accurdé senlement à toutes les créatures intelligentes. Si tu admets ce point, tu sentiras la haute valeur d’un vœu, quand il a été formé par ton cnusentement et le consentement de Dieu.

Un pacte sacré est arrête entre Dieu et l’homme; Tel que je dis, par son acte seul , renonce à ce trésor : donc, que peut-on rendre en echange? Si tu crois qu’il t'est permis de racheter par une œuvre sainte le don auquel tu as renonce, ta ressembles à celui qui voudrait faire an bon usage d'an bien mal acquis. Te voilà désormais convaincu du point principal : cependant la Sainte Église donne à cet égard des dispenses qui paraissent en contradiction avec ce que je vieus de te révéler. 11 faut encore

rester quelque temps à table : tu as pris une

Apri la mente a quel ch’ io ti pales, E fermalvi entro; che non fa scienza, Senza lo ritenere, avere inteso.

Due cose si convengono all” essenza Di questo sacrificio : l’ una è quella Di che si fa ; l”altra è la convenenza.

” Quest’ ultima giammai non si cancella Se non servata , ed intorno di lei Si preciso di sopra si favella :

Perd necessitato fa agli Ebrei Pur l’offerire, ancor che alcuna offerta Si permutasse, come saper dei.

L’ altra, che per materia t’è aperta, Puote bene esser tal che non ti falla, Se con altra imateria si converta.

Ma non trasmati carco alla sua spalla Per suo arbitrio alcun , senza la volta E della chiave bianta e della gialla :

Ed ogni permutanza credi stolta, Se la cosa dimessa in la sorpresa, Come ”! quattro nel sei non è raccolta.

nourriture lourde qu’il convient de précipiter par quelque secours. Ouvre ton esprit à ce que je te dévoile, et renferme-le dans ta mémoire : il n’y a pas de science à entendre sans retenir. Deux choses distinctes forment l'estence d’un vœu; la première est l'objet du sacrifice, la seconde est le pacte en lui-même. On n'est jamais relevé de ce pacte, si on n’y est pas fidèle, et c'est à ce sujet que, plus haut, je t'ai parlé d’une manière si précise. Les Hébreux, comme tu dois le savoir, furent toujours obligés d'offrir les sacrifices qu'ils avaient promis; seulement ils changèrent quelquefois l’objet de ces mêmes sacrifices. Ce qui constitue l'essence d’un vœu que ta connaïs sous le nom de manière du vœu, peut être tel qu'on n’ait pas failli en l’échangeant contre une autre matière; mais il ne faut pas qu’on trans porte ainsi la charge suruneautreépaule, de sa propre autorité, et sans le commandement de la clef d'argent et de la clef d’or : regarde tout changement comme insensé, si

le sacrifice qu'on fait de nouveau n'est pas

Perd qualunque cosa tanto pesa Per suo valor, che tragga ogni bilancia, Soddisfar non si puo con altra spesa.

Non prendano i mortali il voto a ciancia :

Siate fedeli, ed a ciù far non bieci, Come fu fepte alla sua prima mancia :

Cui piu si convenia dicer : mal feci, Cle servando far peggio : e cosi stolto Ritrovar puoi lo gran Luca de’ Greci:

Onde pianse Ifigenia il suo bel volto, E fe pianger dise e i folli e i savi Ch’ udir parlar di cosi fatto colto.

Siate, Cristiani, a muovervi più gravi:

Non siate come penna ad ogni vento, E non crediate ch” ogni acqua vi lavi.

Avete il vecchio e il nuovo Testamento E il Pastor della Chiesa che vi guida :

Questo vi basti a vostro salvainento.

Se mala cupidigia altro vi grida, Uotnini siate e non pecore matte, Siche il Giudentra voi di voi non rido.

LE PARADIS. CHANT V. 63 plus grand que celni qu’on refuse , ainsi que le nombre six est supérieur à celui de quatre. :- De plus on ne peut remplacer par un moindre avantage, la chose qui avec sa valeur particulière emporte la balance. Que les mortels ne se fassent pas un jeu de leurs promesses.

Soyez fidèles, mais jamais inconsidérés, comme Jephté dans sa première générosité: à qui cependant convenait-il plus de dire, j’ai mal fait, et en accomplissant ma promesse, je ferai plus mal? 1]! ne fut pas moins insensé, le . &rand chef des Grecs, que ne fléchirent pas les larmes répandues sur le beau visage d’Iphigenie, et qui fit pleurer sur le sort de cette princesse, les: fous et les sages qui entendirent parler d’un vœu si barbare.

« Chrétiens, apportez plus de gravité dans vos actious. Ne soyez pas comme une plume qui s’agite à tous les vents; ne croyez pas que toute eau puisse vous purifier. Vous avez pour guides, l'Ancien, le Nonvenu Testament, et le Pasteur de l’église; qu'ils suffisent

pour votre salut : si nne passion coupable vous

* Non fate come agnel che lascia il jatte Della sua madre , e semplice e lascivo Seco medesino a suo piacer combatte.

Cosi Beatrice a me com’io lo scrivo :

Poi si rivolse tutta disiante À quella parte ove il mondo è più vivo.

Lo suo tacer e il tramutar sembiante Poser silenzio al mio cupido ingegno, Che già nuove quistioni avea davante.

E si come saetta, che nel segno Percuote pria che sia la corda queta, Cosi corremmo nel secondo regno.

Quivi la donna mia vid” io si lieta, Come nel Jume di quel ciel si mise, Che più lucente se ne fe’ il pianeta.

E se la stella si cambiô e rise :

Qual mi fec’ io , che pur di mia natura Traswutabile son per tutte guise !

Coine in peschiera ch’ à tranquilla e purs, Traggono i pesci a cio che vien di fuori Per mode che lo stimin lor pastura ;

LE PARADIS. CHANT V. 65 indique une aatre voie, soyez des hommes et non des animaux sans raison. Que l’hébreu qui est parmi vous, ne rie pas de vos déréglements ; ne faites pas comme l'agneau qui abando:ne Île lait de sa mère, qni folâtre et joue imprudermen* 2vec lui-même. »

Béatrix parla ainsi comme je l'écris ; ensuite elle se retourna toute désireuse, vers l’endroit où la lumière du monde est la plus vive : son silence, son changement d'attitude, firent taire mon esprit curieux qui a!!ait lui soumettre d'autres questions.

Aussi vite qu’une flèche frappe le bat avant que la corde soit en repos, nous courûmes au second royaume. Je vis Béatrix si helle et si heureuse, quand elle arriva dans la lamière de ce ciel, que la planète elle-même en parut plus resplendissante. Si l'étoile acquit nn nouvel éclat, que ne dus-je pas devenir , moi qui suis naturellement susceptible de tant de transmutations! Dans un vivier dont l'onde est pure et tranquille, les poiss ns s’elancent vers tout ce qu'on leur jette, s’ils croient y

Si vid’ io ben più di mille splendori Trarsi ver uoi , ed in ciascun s’ udia, Ecco chi crescerà li nostri amori.

E si come ciascuno a noi venia; Vedeasi !”’ ombra piena di letizia Nel foigor chiaro che di lei uscia.

Pensa lettor se quel che qui s'inizia ; Non procedesse , come tu avresti Di più savere angosciosa carizia :

E per te vederai , come da questi M’ era in disio d’ udir lor condizioni, Si come agli occhi mi fur manifesti.

O bene nato , a cui veder li troni Del trionfo eternal concede grazia , Prima che la milizia s’ abbandon ;

Del lame che per tutto il ciel si spazia ; Noi semo accesi : e per se disii Di noi chiarirti, a tuo piacer ti sazia.

Cosi da an di quelli spirti pii Detto mi fn; e da Beatrice di di Sicarainente , e credi come a Dii.

LE PARADIS. CHANT . 67 trouver quelque pêture; ainsi une foule de lumières célestes se dirigèrent vers nous, et chacune s’écriait : « Voilà qui accroîtra nos amours. »

Tandis qu'elles approchaient, on voyait . leurs ombres pleines de joie dans le sillon rayonnant qu'elles répandaïent autour d'elles. Pense, Ô lecteur, si ce qni commence ici n'allait plus en avant, quelle soif insatiable iu aurais d’en savoir davantage, et tu comprendras cembien, dès qu'elles furent près de moi, je fus tourmenté du désir de connaître la condition de ces splendeurs!

Un de ces esprits pieux me dit: « O toi, né sous d’heureux auspices, à qui la grâce permet de voir les trônes du triomphe éternel, avant que tu aies quitté l’armée militante, apprends que nous sommes enflammeés de la lumière qui s'étend dans tont le ciel. Veux-tu de nous quelques éclaircissements? satisfaistoi à ton plaisir. »

Béatrix ajouta : « Dis, dis, et crois-les comme

on doit croire des esprits divins. »

lo veggio ben si come tu t’ annidi Nel proprio lume , e che dagli occhi il traggi; Perch’ ei corrusca , si come tu ridi :

Ma non so chitu se’, nè perchè aggi, Anima degna , il grado della spera Che si vela a’ mortai con gli altrui raggi.

Questo diss’ io diritto alla lumiera, Che pria m’avea parlato : ond' ella fessi Lucente più assai di quel ch’ ell’ era.

Si come il sol che si cela egli stessi Per troppa luce , quando il caldo ha rose Le temperanze de’ vapori spessi:

Per più letizia si mi si nascose Dentro al suo raio la figura santa, E cosi chiusa chiusa ini rispose

Nel modo che il segvente canto canta.

Alors je parlai ainsi: « Je vois que tu séjournes près du trône de la première lumière. Elle sort étincelante de ta bouche et de tes Yeux : mais je ne sais pas deviner qui tu peux être, ame bienheureuse, ni pourquoi tu babites dans La sphère qui se cache aux regards des mortels, sous les rayons d’une autre. » J'adressai ces mots directement à la lumière qui m'avait parlé la ptemière. File se montra en même temps plus brillante qu’elle n'avait encore ete. Bientôt, comme le soleil qui se cache lui-même par son trop vif éclat, quand il a dissipé les vapeurs épaisses qui tempéraient sa chaleur, la figure sainte, pénétrée d'une joie nouvelle, se concentra dans ses Propres rayons ,.et ainsi récluse, récluse, me

répondit comme on le verra au chant suivant.

ego s eos sSoer0 0er tee

CANTO Vi.

Poscracuë Gostantin l’ Aquila voise Contra il corso del ciel che la seguio Dietro all’ antico che Lavinia tolse,

Cento e cent’ anni e più l’ uccel di Dio Nello stremo d'Europa si ritenne Vicino a’ monti, de’ quai prima uscio :

E sotto l’ ombra delle sacre penne Governè 1 mondo li di mano in mano, E si cangiando in sula mia pervenne.

Cesare fui, e son Giustiniano , Cbe per voler del primo amor ch’ io sento D’ entro alle leggi trassi il troppo e il vauo :

E prima ch’io all” opra fossi attento, Uua natura in Crisio esser, non piue, Credeva , e di tal fede era contento.

LE PARADIS. CHANT Vi. 71

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