‹ Le paradis terrestreChapitre 1 sur 3 · DEDICACE · texte numérisé non relu

DEDICACE

de me prouver que j'avais habité ces régions du grand soleil. Hélas ! vos démonstrations ne m'ont pas converti. Je n'ai vu l'Inde et sa côte africaine que dans mes rêves de jeunesse. Les rêves ne coûtent rien. J'étais né pour les grands voyages, je me suis résigné aux courtes promenades. J'avais tout ce qu'il faut pour être un Tavernier ou un Levaillant, tout excepté un de ces beaux patrimoines de guinées qu'on éparpille sur les vagues de l'océan Indien, en échange de l'inépuisable richesse des émotions et des souvenirs. Une seule fois, j'ai cru toucher du doigt la réalité de mes rêves; le roi de l'Inde, l'illustre sir William Bentinck, que j'eus l'honneur de rencontrer au Louvre, chez le duc de Choiseul, mon ami, me fit les plus brillantes propositions, et les plus acceptables aussi, pour me décider à venir à Calcutta. Mon patrimoine était trouvé. Je me voyais déjà élevé sur la cime d'un éléphant, seul cheval que j'aime, lorsque la fatalité me précipita de nouveau sur le pavé du Nord. Une mort subite m'avait

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