SCÈNE VI
MILTON, assis à gauehe près do la table, WALTER.
Quoi?
WALTER, qai l’a suivie dçs yeux.
Qu'elle est jolie !... et que de douceur!
MILTON, avec surprise.
Tu fais attention aux servantes?
WALTER
Ma foi!
Le beau devient très-rare... et dame...
Quelle idée!
Je ne l’ai pas encor seulement regardée...
* WALTER
Ah!
MILTON
Mais parlons de toi... qui me négliges tant!
Des siècles sans te voir !
WALTER, avct un sourirr.
Trois jours !...
MILTON
Tu sais pourlant
Que si lu n’es plus là, ma maison est ddserte, .
Kl me semble aux ennuis de toute part ouverte!...
De qui suis-je entouré? de gens intéressés Qui n’ont pour moi que soins apparents ou glacés !
Oli ! c’est injuste, aussi!
MILTON, SC levant.
Qui donc sait me comprendre?
Res|iecter mes cliagrins? Qui voudrait me les prendre?
Toi seul !
WALTER
Ah ! c’est bien vrai ! Tu peux compter sur moi ! Jeté consolerai!... je le veux!...:
MILTON, liochant la tôle.
Ilàte-toi I
Ici ma force s’use et ma santé s’altère WALTER, inquiet.
Comment !
MILTON
J’ai résolu de quitter l’Angleterre !
WALTER
Kncor! Pour aller où?... :
MILTON
Le sais-je ?... je croyais, Quand je fus de retour, pouvoir travailler... mais Le cœur découragé, l’âme vide, inquiète...
Si tu savais pourtant quelle œuvre dans ma tôle!
Le Paradis perdu ?.. Comme en mes dnigtvde fer,
LK PARADIS TROUVI?
Je l’eusse dtrcinl ce monde à qui s’ouvre l’enfer!
(Avtic un abjl'cmeiil profond.)
Mais non, lien !
WALTEn.
Pars alors, fais un effort suprdme !
Pars I..,
MILTON
Ah! pourrai-je aussi m’abscnler de moi-môme !... Je devrais tout garder, ôcoule cependant.
WALTER
Oui, va ! ça fait d i bien d’avoir un confident.
MILTON
Tu n’as jamais aimé?
WALTER, ivcc mélancolie.
Chacun a sa chimère !
MILT N.
Tu me comprendras mieux ! Quand je perdis mon père, J'éiais las des plaisirs et pour leur échapper.
Je voulais dans l’étude enfin me Tctrcmpcr !