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ET L'HISTOIRE ANATOMIQUE DES PARAGANGLIONS

Nous ne présenterons pas ici un historique détaillé, mais simplement quelques éléments nécessaires à la liaison des données acquises comme à la compréhension de celles qui vont suivre.

Henle (1865), plongeant des capsules surrénales humaines dans des solutions de bichromate de potasse, avait noté que leur partie médullaire gardait une coloration brune, et il avait pu la rapporter aux éléments propres de celte substance. Cette réaction qui a reçu, dans la suite, les noms variables de chromophile (Stilling), chromaffine (Kohn), pheochrome (Poll) n’esf plus considérée aujourd'hui comme rigoureusement spécifique au point de vue histologique; on sait qu'elle n'appartient pas exclusivement aux éléments cellulaires des paraganglions; mais elle n'en garde pas moins une valeur décisive pour différencier les cellules à adrénaline des cellules à cholestérine, ainsi que des cellules nerveuses en cours d'évolution.

C'est donc à Henle qu’il convient de rapporter la découverte d’une précieuse méthode d'investigation, qui allait bientôt permettre de soupçonner et de caractériser les formations analogues disséminées sur le territoire du système nerveux sympathique. 4

Eberth, peu après, retrouvait la réaction dans les surrénales des amphibiens, des reptiles et des oiseaux.

En 1872,S. Mayer réussit à la déceler — notion fondamentale, — en dehors du tissu surrénal au niveau d'éléments cellulaires disséminés parmi les branches du sympathique abdominal des amphibiens et des reptiles. Dans la suite, Rabl (1891), et surtout Kose (1902) précisent la topographie et la cytologie des cellules chromaffines dans les ganglions sympathiques des oiseaux.

Enfin, chez les mammifères, Stilling (1892-1898), observant la chromophilie des éléments de la glande carotidienne, les assimilait le premier aux éléments de la médullaire surrénale. C’est donc à lui que revient ie mérite d'avoir soupçonné, le premier, la nature glandulaire des corpuscules annexés au système nerveux sympathique.

Néanmoins, c'est à un autre histologiste, Kohn, qu'il faut rapporter l'honneur

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d'avoir, par une série de longs travaux, définitivement établi, dans son extension actuelle, la notion morphologique des paraganglions, et de l'avoir surtout appuyée sur une base embryologique précise.

Kohn a observé la présence tant dans les ganglions spinaux que dans le sympathique d'éléments cellulaires de très faibles dimensions: les neurocytes. Ces neurocytes, qui dans le ganglion spinal engendrent les cellulaires ganglionnaires, se multiplient activement dans le sympathique pour constituer les sympathogonies. Ces derniers éléments, par leurs différenciations ultérieures, engendrent à la fois les cellules mères des ganglions sympathiques et celles des futures cellules chromaffines. Ces dernières demeurent disséminées au milieu des éléments nerveux, ou, au contraire, sortent des limites de l'ébauche nerveuse originelle pour demeurer à son voisinage. Ainsi se constituent les paraganglions qu'on peut observer chez les mammifères, sur

‘tout le trajet du sympathique, entre le crâne et la région coccygienne, mais particulièrement denses et nombreux dans la région de l'aorte abdominale. L'un d'eux, à la suite de sa pénétration dans l’ébauche du cortex surrénal, est destiné à former la substance médullaire.

Il convient de noter ici le point de vue spécial auquel s était placé primitivement Kohn, et qui l'avait conduit à une conception plutôt erronée. L'histologiste allemand, dont les recherches avaient eu pour point de départ l’existence, dans les ganglions sympathiques, d'éléments chromaffines isolés, de forme irrégulière ou étoilée, avait été porté à considérer le « chromaffine Gewebe » dans son ensemble, comme une émanation sympathique de type spécial, plutôt nerveux qu’épithélial (1).

Au contraire, sa nature épithélio-glandulaire, déjà entrevue par Stilling, devait résuller, comme on le verra plus loin, des recherches fondamentales de Grynfeltt, en particulier de la découverte par cet auteur de la granulation chromaffine. D'autre part, il semble bien que Kohn ait rangé, sans preuve suffisante, parmi les paraganglions des mammifères, la glandule tympanique et le glomus coccygien. ;

Nous ne croyons pas qu'une démonstration de la chromaffinité de la glandule tympanique ait jamais été apportée; et en ce qui concerne le glomus coccygien, nous sommes en mesure d'affirmer que Kohn s’est trompé et que ce bourrelet artério-veineux n'a aucun lien génétique avec le sympathique.

Quoi qu'il en soit, la conception actuelle des paraganglions est celle d'un système de glandules endocrines, développé sur le territoire du système nerveux sympathique et dont l'activité fonctionnelle se manifeste par la sécrétion de l’adrénaline.

Chez les poissons, les paraganglions (corps suprarénaux des sélaciens) au indépendants des corps interrénaux homologues du cortex.

Chez les batraciens, les reptiles et les oiseaux, les formations des deux séries se fusionnent pour constiluer la capsule surrénale. Chez les mammifères, l'organisation de cette dernière devient particulièrement complexe et se traduit par une disposition spéciale du système vasculaire : le. paraganglion surrénal est interposé sur le courant sanguin surrénal, en aval des travées endothéliales di cortex cholestérinogène; son système veineux (capillaires sinusoidaux et veine centrale musculaire) joue vis-à-vis de celui du cortex le rôle d'un drain collecteur; il est donc permis de supposer, à la

(1) Koux, Die Paraganglien. Archiv für mikroskopische Anatomie, 1903.

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