UNE IMPORTANTE REFORME
Cette brutale révocation d'un employé modèle me frappa vivement, et je n'eus rien de plus pressé que d^aller voir un peu dans les bureaux de TOuest de quelle façon on la justifiait.
En l'absence du secrétaire général, je fus très aimablement reçu par M. Charles Raymond.
— Mon Dieu, fit ce dernier, la chose est des plus simples. La Compagnie de l'Ouest, détail ignoré du public, a toujours attaché beaucoup d'importance aux relations féminines de ses employés. Certes, nous ne demandons pas qu'on se ruine pour les dames, mais, sous aucun prétexte, nous ne supporterons qu'un des nôtres fasse bourse commune avec une de ces créatures qui font métier de leurs charmes. A la suite de Tafiaire de la rue Saint-Lazare, un nou-
veau règlement a été élaboré dans ce sens.
En voici les grandes lignes : au-dessous de 2,400 francs par an, les employés de rOuest non mariés ne doivent avoir de relations qu'avec des dames du petit commerce : fruitières, crémières, épouses de rétameurs. Puis la gradation continue. Plus l'employé est payé, plus haut ses affections doivent viser. C'est ainsi que les tonctionnaires les plus importants de notre administration ont des maîtresses dans la haute banque, le grand commerce, la magistrature assise...
— Le clergé?
— Farceur ! Quant aux directeurs, ils seraient impitoyablement révoqués si on leur découvrait la moindre bonne amie en dehors des princesses appartenant à une