DE PLUS FORT EN PLUS FORT
J'ai rencontré ce matin un homme, jeune encore, qui me verse une somme annuelle de 600 francs à seule fin que je n'imprime point son nom dans les feuilles publiques, mais que nous désignerons néanmoins sous le sobriquet de Captam Cap.
Le Captain Cap est un esprit curieux en lequel semblent s'être incarnés le sens de la météorologie, le bien informé des choses
de mer, le génie du turf (le tout sans préjudice pour un vif penchant aux boissons cosmopolites).
Ayant beaucoup voyagé, le Captain Cap a beaucoup retenu, des aperçus esthétiques australiens et des airs de gigue de San- Francisco.
Le Captain Cap est ce qu'on appelle quelqu'un.
Je ne me souviens pas, depuis que je le connais, avoir seulement passé cinq minutes avec lui sans un petit effarement nouveau, un rien quelquefois, mais toujours quelque chose (sans qu'un muscle de sa physionomie ne tressaille, d'ailleurs).
Donc, ce matin, nous nous trouvions à une terrasse d'un café des Champs-Elysées (nous allons beaucoup au café, le Captain Cap et moi).