‹ Le paraspasme facial bilatéralChapitre 24 sur 24 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Le paraspasme facial bilatéral, dont l'appellation donnée par Sicard semble assez correspondre à sa symptomatologie, mérite donc bien d’être individualisée au point de vue clinique, ainsi que l'a bien montré Meige.

1) Il s’agit d'une affection très rarement rencontrée, survenant presque toujours à un âge avancé. La localisation aux orbiculaires de chaque côté est très particulière et aboutit parfois à la fermeture complète de l'œil avec aveuglement. Cette contraction consiste en un état tonique animé de quelques secousses cloniques minimes, de petite amplitude, qui réalise une trémulation. Ga

En général, lorsque le spasme est installé, il dure toute la journée, avec des accalmies, il ne diminue que par le repos et le décubitus horizontal ; il est parfois incessant et peut ne laisser de répit au malade que pendant le sommeil. En général, il n'y a pas d'acte déclanchant, mais il est influencé par la fatigue. La volonté est sans action sur lui. Si, dans

AO

les cas purs, il ne s'accompagne d'aucun signe neurologique et ne déborde pas le territoire du facial, il est possible de constater quelques signes parkinsoniens (Heuyer et M" Rondinesco), une augmentation des réflexes de posture (H. Roger et Crémieux), une diffusion aux muscles du pharynx (Laignel-Lavastine et Cuyot), aux muscles des globes oculaires et du pharynx (F. Rathery et J. Sigwald). On ne constate aucune modification histologique ni aucun trouble des réactions électriques décelant une lésion proprement dite du nerf facial ou de ses branches.

2) La pathogénie du paraspasme est assez complexe. Son origine centrale, probablement dans les noyaux gris mésocéphaliques, n'est pas niable, pas plus que la transmission de l’influx par une voie autre que la voie motrice usuelle du facial. Sicard admet, à la suite d'une observation vraiment expérimentale, le passage par les nerfs sympathiques. En réalité, on ne peut affirmer que l’utilisation d’une voie extrapyramidale, mais on ne peut conclure quant au siège de la lésion : centres extra-pyramidaux, ou sympathique central.

D'autre part, l'observation présentée par MM. F. Rathery et Sigwald pose la question de savoir s’il existe une relation entre l’érythromélie et le paraspasme facial. Il serait tentant d'admettre cete relation, mais on né peut faire cette hypothèse que sur le terrain d’un déséquilibre sympathique, peut-être aussi endocrinien, terrain trop incertain pour en tirer une conclusion définitive.

MST; IR

3) Le traitement du paraspasme se résume à peu de chose. Nous avons vu qu'il ne faut pas attendre de résultats du traitement médical, sauf de l’ionisation magnésienne dont la malade de MM. Rathery et Sigwald a obtenu grande amélioration. On rejettera toute intervention chirurgicale. |

Par contre, les essais orthopédiques:réalisés par Sicard' avec MM. Poulard et Azelin, consistant dans un redressement des paupières à l’aide de lunettes dotées d’un ressort léger et souple à boudin qui refoule la paupière supérieure, pourront rendre les plus grands services à ces déséquilibrés palpébraux.

Vu : Le Doyen, Vu : Le Président de Thèse, BALTHAZARD. RATHERY.

Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l’Académie de Paris, S. CHARLÉTY.

Page 1