‹ Le paratonnerre comedievaudeville en deux actesChapitre 14 sur 104 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

MARIELLE, puis LE MARQUIS DE LA PIGEONNIÊRE.

^ HARIELLE.

Il va partir sans voir la femme. Le mari est sauvé!... Pourvu que madame la marquise, dans son impatience, ne vienne pas gâter ce que j’ai niit... Allons la trouver, et retenons-Ia par quelque bon petit mensonge. (Vo;i^ wurer le item' marquis.) Monsieur le marquisi,.. (La Pigeonnière entre en lisant une lettre qu’il tieut à la mAÎn.)

. MARIELLE.

Vous voilà de retour, monsieur le marquis; sans doute, madame votre sœur est arrivée, et vous allez vous rendre au château?... Je vais prévenir Madame ; elle est tout à fait remise et peut partir sur-lc-champ.

LA PIGEONNIÈRE.

Tu te trompes, ma bonne Mariette... je viens de trouver cette lettre à la poste... Me sœur m’écrit qu’elle n*arrivera que demain. Mais je suis bien aise de te trouver seule, Mariette.

' HARIELLE, en souriant.

Est-œ que vous auriez un secrqt à me confier, mcmsieur le marquis? ^

U PIGEONMÊRE.

Peut-être bien.

MARIELLE.

.Dépêchez-vpus, je guis curieuse.

LA PIGEONNIÈRE.

Je vas te dire tout ce qui me passe par la tête depuis que j’ai vu votre nouveau forgeron.

tr. 7ARAT0NNEKRI.

MARIEM.E.

Ah! Gaspard!...

LA lUGEO.NMÉRE. ,

C'est un garçon d’une belle venue; je crois deviner qu’il n'est pas ici pour le seul plaisir de ferrer les chevaux, et, faut-il tout te narrer?,.. J’ai des soupçons. Pourquoi? pour (jui est-il venu dans le pays?

MARIELLE, à part.

Des soupçons... Ah! mon Dieu!...

LA PIGEONNIÉRE.

Des soupçons que je veux vérifier.

MARIELLE, à parf.

Il sait tout. 11 n’y a pas à balancer, il faut le dérouter.

LA PIGEONNIÉRE, élevant U voix.

Marielle, madame Guillaume, ce forgeron est un amoureux.

MARIELLE , jouant la frayeur.

Oh ! monsieur le marquis ne me perdez pas!

LA PIGEONNIÉRE.

J'avais donc deviné! C’est qu’on ne m'en fait pas accroire, à moi.

MARIELLE.

Parlez plus bas, monsieur le marquis.

LA PIGEONNIÉRE.

On ne me cache rien, à moi. Fi! jeune femme, c’est honteux de tromper son mari!

MARIELLE.

Je suis innocente, croyez-le bien. J’écoutais ce garçon avec

S laisir, c’est mal, sans doute; mais, je vous en supplie , ne ites rien à Guillaume.

LA PIGEONNIÉRE.

Eh bien, j’y souscris, mais à la condition que tu nie flanqueras ce drôle à la porte.

MARIELLE.

Je ne demande pas mieux : pas plus tard qu’aujoui*d’hiii.

MARIELLE.

A la bonne heure! c'est gentil cela, Marielle. (Lui frtppuit sur la joue.) C’est une preuve que mes conseils te vont au cœur.

MARIELLE.

Je sais, monsieur le marquis, tout l’intérêt que vous voulez bien prendre à notre petit ménage.

LA PIGEONNIÉRE.

Tu ne te doutes pas encore de tout ce que tu m’inspires.-

MARIELLE.

Si, monsieur le marquis.

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