TOUTES DEUX
Madame ! — Madame ! (Elles sc font des révéreuces prélenticusGfi et grotesques.)
MAIUEI.LE, à part.
Et la manpiise qui ne veut pas qu’on sache qu’elle est ahsento... Ma foi, au p’tit bonheur!
MADEi.EINE, qui s* est assise sur rinvitatioii de Marielle, après avoir répété
eu passant.
Madame! (k part.) Elle est jolie. Je ne suis pas fâchée d’avoir une belle-sœur comme ça...
MARIELLE, de même, après s'être assise en face de Madeleine, de l’autre coté du guéridon, sur une chasic.
Elle à l’air bonne femme.
MADELEINE
Maintenant, ma chère hellc-sœur, si nous nous embrassions,
sans façon... (Elles s’embrassent, et se rassoient.)
MARIELLE.
C’est bien de l'honneur pour moi... (a part.) V’ià le costume qui fait son effet.
MADELEINE
De l’honneur? Tiens, tiens, tiens! mais v’ià une bonne parole. Est-ce que le frère aurait raison !... Vous seriez un petit trésor? ,
MARIELLE.
Oh ! pas tout à fait!
MADELEINE, les coudes sur la petite table.
Une gentille petite femme bien attacliée à son mari?..
M.ARIELLE.
Je le crois bien que j’y suis attachée. 11 est si bon ce cher Guillaume.
MADELEINE
Comment, Guillaume ! Jérôme...
MARIELLE. •
Oui, oui, Jérôme, la langue m’a tourné.
-v:te ir.
MADELEINE
Moi qui vous croyais à façons, à cérémonies... Vous vous mettez à la portée de Madeleine Canardeau, et vuus faites bien, nous nous cniendrons... .le ne suis pas gênante, allez... Le frère m’a écrit que vous aviez des petits talents de société, que vous étiez une jolie cavalièrej à votre aisej moi, je n’ai été que deux fois à àne, et encore je me suis jetée trois fois par terre... Mais eniin, chacun son goiit, et puisque vous aimez les chevaux...
.MARIELLE.
Je crois bien, et mon mari aussi... Comment ne les aimerait-il pas ? C’est ce qui fait marcher la maison.
MADELEINE
Hein?
MARIELLE, k part.
J’ai dit une bêtise !
MADELEINE
Ah ! oui ! marcher la maison : c’est un mot pour plaisanter. (.V part.) Elle est très-gaie.
MARIELLE.
Dame ! On est jeune, on aime à rire, à chanter. '
MADELEINE
Ah! oui ! vous aimez aussi la musique, les grands airs d’opéra... C’est pas mon fort, à moi... Qu’cst-ce que nous chantons, chez nous : CoUnette au bois.
MARIELLE.
Ah ! Je l’aime joliment, cette chanson-là I
MADELEINE
Vous la savez?
MARIELLE.
Si je la sais ! Vous allez voir!
Air du Cousin Jacques.
Collnette au bois s’eu alla.
En saiilillaut plir-ci, par-là.
Tra la dcri dera, tra la déridera.
MADELEINE
Un beat! monsieur la rencontra,
Frisé par-ci, poudré par-là.
Tra la deri dera. Ira la deri dera.
Lui dit : Où courez-vous comme ça?
MARIELLE.
Depuis le malin, je suis à Cueillir la uoisellc.
madelei.m:.
Si vous 1' voulez, ou voii.s aid ra,
Tra la, Ira la, tra la, deri dera.
(Tüulcsdcux SC levant et achcvaiil l'air ciacuiblc.)
N’y a pas d’ mal a ç.i.
Colinette,
N’y a pas d’ mal à ra.
MADELEINE
Et le second couplet?
HARIELLE.
DEUXIÈME couplet;
C’était un loup que c’ monsicur-là.
De Colinette il s’approcha,
(Elle lui prend la taille.)
Tra la deri dera, Ira la derulera...
MADELEINE
De ses grand’s patl’s il l’entoura,
(Elle allonge comiquement les bras.)
Et puis, après, il l’embrassa...
Tra la deri dera. Ira la deri dera!
MARIELLE.'
Vous allei m’ fair’ tomber, oui-da,
J’espère que ça finira.
Lui dit la fillette...
MADELEINE, grossissant sa voix et niarchaut à eUe.
Messieurs les loups n’en rust’nt pas là;
Tra, la, tra la, Ira la deri dera.
ENSEMBLE
Reprise du refrain.
N’y a pas d’ mal à ça,
Colinette,
N’y a pas d’ mal à ça.
MADELEINE
Et la lin, le dénoûmciit de l’histoire ?