‹ Le parcours du rêve au souvenirChapitre 128 sur 229 · NIK É · texte numérisé non relu

NIK É

Ce beau nom de Niké qu'illustre votre fille Est de son noble front le juste complément ; Car toute la victoire en son visage brille :

Elle vient, elle vaine lout naturellement.

La victoire en Paros, dite de Samothrace, Qu'en notre Louvre on voit,

Qui de sa face auguste avait perdu la trace,

D'’étre complète enfin ! exulle et vous le doit;

El, fière, ajouterait à cetle jeune téle

Son blanc marbre divin que la lerre à couvé,

Car le chef dont en vain le Musée est en quéte, Vous l'avez: retrouvé.

NIALL

Niall est, de tous points, le portrait de sa mère, Quand votre fille grecque a pris l'autre chemin, Madame, vous révez la charmante Chimère

De vous revoir en lui vous prendre par la main;

is] LE PARCOURS DU RÊVE AU SOUVENIR.

Vous tirer au retrait de vos primes années, . Et d'y recommencer en homme votre sort;

D'y revivre deux fois les minutes sonnées, Dans l'incarnation d’un fils aimable et fort.

Méme teint où ne peut mordre le brun du häle ; Méme agrément des yeux et sourire pareil, Méme ligne du galbe où rien n'est assez mâle Encore pour voiler l'afflux du sang vermeil.

Et pour vous qui souvent sur le versant du Pinde Mimätes Orlando sous l’habit emprunté

Il vous semble bruler encor pour Roselinde

Sous notre vétement que vous avez porté!

Le Louvre...

Calais.

Le cœur qui s’ouvre

Des cuvettes

Des balais

L'autre côté Douvre :

Des buvettes…

Un employé qui porte une tasse de thé.

Je voudrais bien écrire une chose sur Londre.… Hélas! comment m'y prendre?

Comment rendre ?

Comment fondre ?

MIST. 25e

Dans des brumes lilas des bouts d’échafaudages Dont émergent les cimes, Des régimes De cordages.

Combien de cabs filant comme une flèche à roues, Gondoles acrobates, Nefs à pattes, Chaïse à proues.

La cire à cacheter qu’un uniforme bouge Que nous peignit Detaille :

Fine taille, Corset rouge.

Ceux qui sont sans brouillard des derniers jours d'octobre, Leur air plein de caresse, Tout tendresse, Nul opprobre.

Un coucher de soleil dessus la Serpentine, Emmitouflé d’ouate, Mate et moite, Argentine.

Des vols de paons perchés dans les arbres d’automne De Kensington-allée,

Dont s'étonne

La feuillée.

Des moutons blancs noircis de brumes et fumées, Et des brebis obscures; Des figures Enrhumées.

Réverbères-ballons allumés avant l’heure Dans l’atmosphère grise; Nuit qui frise, Jour qui pleure.

Les manches de gigot des filles de boutique Que Liberty déguise À sa guise Esthétique:

Le décrochez-moi ca de l’étrange genèse De ce retour antique, Japonaise Et gothique.

- Tout un porte-manteau mêlé de la reine Anne De la Grèce et du reste!

La Peau d’Ane Et le ceste,

D ans un décor élu de ronce et de broussaille Par Crane et Jones-Burne Où tressaille Du Swinburne.

Des qualités de jours qui sont faits de pénombres, Où la fumée, en blanc,

Se détache à midi, sur des fonds de ciel sombres : Des jours qui font semblant.

Toute une opacité brumeuse et coutumière Qui rend accoutumé

Chaque matin, à naître, en somme, à la lumière Dans un cristal fumé.

Des qualités d’atmosphère

Que l’on ne trouve qu'ici

Et que souvent je préfère .

A notre soleil durci.

Et tout le comptoir du tulle Dont le grand chef de rayon, Apollo, récapitule

Le fuligineux rayon.

Des bulles

De tulles… Des grèves De rêves.

Fumées Tramées

De choses Sans causes.

Des brumes Des rhumes.

Des cabs De Mabs.

LA

Un coucher de soleil dessus la Serpentine River Me fait, depuis hier, de sa flamme intestine Rêver.

Un coucher de soleil coulé dans une opale, Et dû A la dilution d’un pur Sardanapale Fondu. :

Des cimes d’arbres gris comme émergeant des neiges, Lointains…

Au devant, mille écrins déroulant leurs arpèges Éteints.

Des roses et des verts entortillés de tulle, Des bleus,

Des jaunes, des lilas, mais que tout intitule Frileux.

Pas une arêle; pas une pierre taillée, Pas un

Point vraiment lumineux : la nature émaillée D’alun.

Des émeraudes qui seraient de chrysoprase; Rubis

Nuageux et saphirs nuancés d’une gaze Lapis.

Un clapotement d’eau vermeille ensemble et trouble, D'un vert

Où le mirage des cygnes bleus qui se double Se perd.

Des calicots ramant en chapeaux hauts de formes Et des

Employés secouant l’ennui de ces énormes Sundays !

Le piano mécanique

Est une nécessité;

Sa fausse note chronique Dissipe la cécité

De ce brouillard de laitance Où l’on s’éclaire à ce son

Qui fait sembler moins intense Cette colle de poisson.

C’est quelque Paulus-Boulange Qui traverse le canal

-Pour nous éclaircir le lange De brume, sous son fanal.

Et, malgré soi, l’on écoute

Dans le fog monter d’en bas

Ce refrain coûte que coûte D’instruments qu’on ne voit pas.

Plus d’un aveugle, Sans rien qui beugle, Flûte ni chien Musicien,

Orgue ou caniche Dans une niche, Bat le béton

De son bâton.

Bizarres pâtres,

A l'œil parti Devant les Âtres De Liberty.

Là tout y flambe Le dithyrambe

De cent chiffons Les plus profonds.

Satin ou soie

En vain chatoie Pour vos yeux verts En vain ouverts, Drôles de prêtres Au feu parti Devant les êtres .

De Liberty.

Leur œil sans flamme Fait la réclame

Au magasin

Où luit l’essaim D’ailes de guëêpes Des soyeux crêpes

Au nom duquel Bat le rappel, L'étrange pitre A l’œil parti Devant la vitre De Liberty.

Dans Old bond Street, dès l’entrée, On est saisi

Comme d’une outre éventrée D’onguent choisi,

Sorti des bouches des caves Des parfumeurs En délicieuses baves, Douces humeurs.

C’est Lubin et c’est Piesse Et c’est Truefitt, C’est Atkinson en liesse, Et c’est profit

De mener là ses narines Et son mouchoir

Pour sentir de ces vitrines Cent Flores choir.

Ainsi de Véfour où dine Plus d’un Gobseck

Sort un fumet qui tartine Plus d’un pain sec.

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