‹ Le parcours du rêve au souvenirChapitre 150 sur 229 · MESSALINA · texte numérisé non relu

MESSALINA

Je suis Messalina, la reine d'Italie.

Dieu mit sur moi ce signe : une horrible beauté; Une chair aux baisers des mâles assouplie,

Sous un visage à coups de caresses sculpté;

Des tempes où le sang sur la sueur retombe, Une bouche assoiffée aux obscènes amours, Et que, seule, égalait la bouche de la tombe Qui ne parle jamais pour dévorer toujours.

AMESTRIS.

Moi je suis Amestris, une reine de Perse.

Mes seins étaient pareils à des cygnes jumeaux.

Sur mon corps on eût dit de l’ambre que l’on verse. Mais ma bouche et ma vie ont hu d’étranges maux. Mes pieds étaient chaussés de la peau des vipères…. Susiane, Echatane ont vu de mes douleurs

De larmes et de sang faire mes jours prospères,

Et des amers péchés rafraîchir les couleurs.

EPHRATH,. à

Reine de Rephraïm, je suis Ephrath; reprise

Par Dieu qui nous dépouille après qu’il nous combla,

Ma renommée était sur le monde, que grise

Encor le son lointain de ma voix qui trembla

Semblable au bruit des eaux que le vent gonfle et chasse. Ma chevelure était comme l'iris d’avril;

Et mes seins que l’anneau de mes deux bras enchâsse Comme une calcédoine à côté d’un béryl.

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