Moulins
Moi, je suis la Tulipe, une fleur de Hollande, GAUTIER.
DÉDICACE
Vous avez la splendeur admirable et profonde De.la tulipe rare au pétale veiné;
Mais de cetite tulipe où le ciel moins borné Mit une belle odeur intelligente et blonde.
Êtes-vous de Hollände ? — Eh! vous êtes du Monde ! Que dis-je ? du Cosmos ! de L'Ouranos gagné;
Et monsieur de Humboldt vous aurait assigné
Une place en son livre où le miracle abonde.
Vous êtes la noix d'or -- vous serez la fleur d’or Des étoiles, aux cieux, où d’un grand messidor D'astres restitués l'Eternité s’enchante.
Mais la biographie, à cette heure, le veut:
Soyez-donc d'Amsterdam; c'est être ce qu'on peut De mieux encor sur terre: un calice qui chante !
IT MOLEN Les moulins à vent sont la folle libellule | Aux ébattements ébahis
Dont le gris et léger essaim plane et pullule
A la surface du pays.
Les moulins à vent sont les tournantes étoiles
Du vert zodiaque des prés
Que contemplent d’en haut sous l’azur de leurs toiles Les astres surpris et pourprés.
Les moulins à vent sont d’étranges araignées Prises en leur propre filet
Et qui rament sans fin, et trament, imprégnées De brouillards blancs comme du lait.
Les moulins à vent sont les palpitantes ailes De vastes papillons captifs
En qui luttent longtemps les angéliques ailes Contre les terrestres motifs.
Les moulins à vent sont nombreux de trente mille, Ils sont bénins, ils sont benèêts ;
Et la dentelle de leurs ailes s’assimile A la dentelle des bonnets.