‹ Le parcours du rêve au souvenirChapitre 19 sur 229 · Moulins · texte numérisé non relu

Moulins

Moi, je suis la Tulipe, une fleur de Hollande, GAUTIER.

DÉDICACE

Vous avez la splendeur admirable et profonde De.la tulipe rare au pétale veiné;

Mais de cetite tulipe où le ciel moins borné Mit une belle odeur intelligente et blonde.

Êtes-vous de Hollände ? — Eh! vous êtes du Monde ! Que dis-je ? du Cosmos ! de L'Ouranos gagné;

Et monsieur de Humboldt vous aurait assigné

Une place en son livre où le miracle abonde.

Vous êtes la noix d'or -- vous serez la fleur d’or Des étoiles, aux cieux, où d’un grand messidor D'astres restitués l'Eternité s’enchante.

Mais la biographie, à cette heure, le veut:

Soyez-donc d'Amsterdam; c'est être ce qu'on peut De mieux encor sur terre: un calice qui chante !

IT MOLEN Les moulins à vent sont la folle libellule | Aux ébattements ébahis

Dont le gris et léger essaim plane et pullule

A la surface du pays.

Les moulins à vent sont les tournantes étoiles

Du vert zodiaque des prés

Que contemplent d’en haut sous l’azur de leurs toiles Les astres surpris et pourprés.

Les moulins à vent sont d’étranges araignées Prises en leur propre filet

Et qui rament sans fin, et trament, imprégnées De brouillards blancs comme du lait.

Les moulins à vent sont les palpitantes ailes De vastes papillons captifs

En qui luttent longtemps les angéliques ailes Contre les terrestres motifs.

Les moulins à vent sont nombreux de trente mille, Ils sont bénins, ils sont benèêts ;

Et la dentelle de leurs ailes s’assimile A la dentelle des bonnets.

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