CHANT DU DÉPART
Adieu, folle Hollande 0 verte lande Que l’on pourrait aimer.
Où broutent mille taches Qui sont des vaches Qui paissent où glissaient les moutons de la mer.
Adieu, sol aux mille ailes Des moulins frêles Que l’air fait s’affoler, Au point que, pour des guerres Comme naguères, Au lieu de L’inonder tu pourrais t’envoler.
République amphibie, Morne Lybie D’horizons toujours verts, Vides de pâquerettes Où pour fleurettes, Mille fois ont fleuri mes rêves et mes vers.
Adieu, tes parcs moroses Où des daims roses Cheminent tatoués De macules si blanches Que sous les branches, On dirait des flocons qu'ils n’ont pas secoués.
Adieu, tes bois superbes Où dans les herbes, Des plumes de corbeau Neigent, neige funèbre, Qui de ténèbre Ensevelit mon front triste comme un tombeau.
Adieu, ton frêne énorme, Adieu, ton orme Dont l’ombre sur son tronc
Découpe de ses branches Les formes franches Au passage rapide, à l’effacement prompt.
Adieu, tes canaux mornes Qui dans leurs bornes Parfois tiennent des lacs Dont la glace étamée De la ramée Mire les lacis verts et les bruns entrelacs.
Quand vers ta malachite Que mon œil quitte J’agite mon mouchoir, Ton moulin qui s’enfume Meut une brume En réponse envolée au bout de son bras noir!