RECETTE
Ainsi l’on peut sans émoi Avoir la Suisse chez soi.
Mais la vache ayant chanci, Et son ranz ayant ranci;
Et toute cette bouteille Se faisant en somme vieille,
Il est bon de sous-entendre :
Agitez avant de prendre.
Voici ce que j'ai fait et ce que j'ai rêvé
Au dessus du pur blanc des neiges du névé; Parmi les alviés, mélèzes et pin cimbre, Enveloppe d’un vert que le bleu du ciel timbre.
FX
BÉNÉFICE NET ‘A quelque chose malheur est bon.
Le bébé rendu comine un crin
Par le trajet du voiturin,
N'est plus amusé par la tache Que faït la vache.
Les voisins de coche, hagards,
Se communiquent des regards :
Ce sera pis encore, s’il pleure, Que tout à l’heure.
Tout est usé, jusqu'aux dadas,
Les parents, niant leurs mandats,
L'enfant enfin s’adonne aux cris Les plus aigris.
IL éclate, il est forcené ;
Puis aussitôt rasséréné :
Sa rage, sous sa giboulée, Est dessoulée.
Avec le désespoir il joue ; Sa gaîté sort de son alarme ; Puis, comme il à soif, sur sa joue, Sagement, du bout de sa moue,
IL boit sa larme,
VÆ Aimez-vous la cascade ?
on en à mis partout.
Presque autant que les alcades De monsieur A. de Musset,
Je déteste les cascades
De la Suisse que l’on sait.
Ses torrents toujours les mêmes Font des bulles de savons,
Dans les gobelets abstèmes
Des gorges que nous savons.
Je déclare des Suissesses
Le prestige bien puni
Par leurs tresses où sans cesses Pendent Scribe et Rossini.
Et je déteste Le Suisse Catholique ou Parpaillot, Autant, je crois, que le suisse De Saint-Pierre de Chaillot.