BUVEURS D'AIR
Les aérothérapistes
Et le climatérisant
Soufflent comme des harpistes Que la muse va brisant.
Une pléiade anémique, Groupes désoxygénés,
Se livre à cette mimique D’ouvrir la bouche et le nez.
Is sonnent comme des harpes Sous les extases d’en haut,
Et baillent comme des carpes Béant le bec au temps chaud.
L'existence confinée,
Comme un taon, pique à Jamais Leur multitude avinée
Par l'ivresse des sommets.
Ils marchent comme un Tibulle, Tout le jour le nez au vent, Pour ne pas perdre une bulle De cet air que cher on vend.
Dès l’aube, dehors on saute, Pour capter le premier air;
Et, jour comme nuit, sans faute, Se passent à s’aérer,
D’altitude l’on s’arrose, Pour se réoxygéner;
Sans fin on cueille la rose Des vents, et sans se gêner;
Puisque la thérapeutique
Du climatérisme veut
Qu’on fasse aller la boulique
Des quatre vents, tant qu’on peut !