ACTE DEUXIEME
SUZANNE
On disait que ta découverte sauvait tous les ans plusieurs centaines de vies humaines.
GEORGES
C'est possible.
SUZANNE
C'est très beau, cela ! Ah ! comme je suis fière de toi ! et
comme je t'aime ! (EUe l'embrasse ; il s'y prèle avec impatience.) ÏU
ne veux pas que je t'embrasse?
GEORGES
Mais si.
SUZANNE
Qu'est-ce que tu as contre moi ?
GEORGES
Je n'ai rien.
SUZANNE
Si! tu as quelque chose.
GEORGES
Pourquoi n'es-tu pas sortie aujourd'hui?... Tu devrais te promener un peu tous les jours, voir tes amies... Une jeune femme comme toi a besoin de distractions.
SUZANNE
Des amies... je n'ai pas pu m'en faire de bien sérieuses en quinze jours... Et puis... j'avais cru que tu préférais que je reste à la maison... Je m'y plais beaucoup, je t'assure, et j'ai de quoi m'occuper... Tiens, ce petit salon, on ne le reconnaît déjà plus.
GEORGES
En effet.
SUZANNE
Et c'est moi qui ai tout arrangé... N'est-ce pas que c'est joli?
GEORGES
Oui.
SUZANNE
Tu dis cela sans conviction. Est-ce que ça ne te plaît pas?
GEORGES
Mon Dieu...
SUZANNE
Allons, dis! Ça m'est égal que tu critiques, pourvu que tu prêtes un peu d'attention à ce que je fais.
GEORGES
Eli bien...
SUZANNE
Quoi ?
GEORGES
Eh bien... que veux-tu? j'ai des goùts un peu bourgeois... Et tous ces bibelots et ces fanfreluches...
Tu n'aimes pas ça?
GEORGES
Oh! moi, je n'y entends rien. Mais je trouve ça un peu... Tu ne te fâcheras pas? Enfin, je trouve ça un peu salon de cocotte. Yoilà.