SCÈNE IX
MICHEL GLATZ, BOBQEÜF, ROSE LINON, KERNOEL, GO- GUELU, MUGÜLTTE, CUAVANES. kernocl est odh , dèpiit, et tes habits portent Ut traces du long voyage qu’il Vient d'accomplir,
OOCCELC.
C'est-i) bien celui-là que vous vouliez voir, madame?
Oui, oui, je ne rae trompe pas, c'est bien Kemoël. Est-ce que vous me reconnaissez, mon arni ?
kekkoel, à lui-même.
Plus belle I plus belle encore! O mon Dieu 1
■ODEOr.
Eh bien ! drôle, tu ne réponds pas à madame qui te parle I
ROSE LIMON
Voulez-vous bien vous taire ! — Oui, mon ami, je vous demande si vous me reconnaissez P
KERNOEL.
Comment ne vous reconnaîtrais-je pas ? Je n'ai jamais cessé de vous voir.
mu guette, à Chavannes.
il parle très-bien, savez-vous?
ROSE LINON
Et mon portrait ? l’avez-vous toujours?
ki&koel, le tirant de son sein ,
Le voici !
rosis ur.
Tiens! le cercle y est encore i
noss linon, examinant le médaillon.
Peste ! mais les yeux sont en tiès-bon état, les yeux se portent bien. File nVsl donc pas si jalouse que je croyais... votre. . comment s’appelle-t-elle donc?
CIIAVANNES.
Oh! pour 6on nom ! je me le rappelle... on la nommait Jocelyne, celle chère enfant.
K8RN0RL, à lui-même, en tressaillant.
Jocelyne ! Elle pleure sans doute en priant pour moi.
eocuEi.v.
Voyons, voyons, c'est pas tout ça. Faut que tu me dises comment quo tu es ici et ce que lu viens y Taire. El la pauvre Jocelyne... tu l'as donc laissée là- bas?
KERNORL.
En efTel, j'ai fui sans lui dire adieu. Elle ignore où je m'en suis allé...
COCITELU.
Et pourquoi que tu es paiti ?
KERNORL.
Je suis parti... je ne sais, pour voir un autre ciel. Non, non, ce n'est pas cela, je mens! — Je suis parti guidé par une vision ni marchait devant moi- l.o soir, épuisé de fatigue, mourant e faim... je m'arrêtais dans un village, et je jouais un air de Bretagne... On me jetait quelques sous... alors, je mangeais un morceau de pain et je m'endormais sur un peu de paille.... c’estainsi que j'ai atteint tu grande ville. J’avais un pressentiment que je vous reverrais, madame... Arrivé depuis hier, je parcours les plus belles rues de ce labyrinthe immense, m'arrêtant devant les portes, et jouant sur çe biniou quelques-uns des airs de Penmarc'h. Je regardais attentivement tous ceux qui se montraient aux fenêtres pour m’écouler... Je me disais . Elle s'y mettra peut-être au?si, elle... et je la verrai. . je la reconnaîtrai.,. J’allais m’en oller plus loin, lorsque j’ai entendu
prononcer mon nom Voilà toute mon hisloiro. (U s'appuie
sur tioguelu, sa voix parait s'elcindre.)
mucuettb, à elle-même.
Pauvre enfant ! comme il a dit cela sim: lement et avec douceur... Je raffole de ce garçon-là, moi.
HOBSIT.
Vous le trouvez donc intéressant, le jeune vagabond?
■munis*
Oui.
MtcnEL glatz, b as, à Chavannes.
Prenez gardo, monsieur Chavannes, mademoiselle Rose s’at-| tcndnt.
chavannes, tirant une lettre de sa poche.
Nous allons y mettre bon ordre. Tiens, prends cette lettre. [Il parle bas u Michel Glatz , en lui donnant la Ullrê, et en lui montrant Bobœuf.)
R05E UNOH.
Mais dites-moi, Kernofil. où avez-vous donc appris à parler ce langage qui ne ressemble pus du tout àeelui des pâtres et des pêcheurs du Cornouaille ?
coctrtio.
Pardi ! c’est un savant, Kemoël, il lit et écrit, faut voir 1 Et puis il compose des chansons... Mais enfin, qu’est-ce que c’est dune que celte lubie qui t a pris. — Qu’est-ce que ça veut dire tout ça?
KERNOEL.
Je le dirai... mais parlons... éloignons-nous... Je l’ai vue, c’est tout ce que je demandais.
MICHEL GLATE, à Bobctuf**,
Monsieur, celte lettre est tombée de votre poche, je vous assure...
Botaor.
Mais je vous dis que non... je n’avais pas de lettre sur moi... [Regardant la lettre.) Elle est à Chavannes.
MICHEL CLATZ.
Ah! pardon, je «oyais... Tiens! que je suis béte... C’est vrai... elle est adressée à M. Chavannes.
chavannes, avec un empressement affecté,
A moi!... donnez, donnez...
ROSE LINOS.
Cue lettre ?... Quelle est cette lettre t
CHAVANNE*.
Rien... rien...
ROSB I.INOM.
Donnez-moi çelt* lettre, je veux la voir, (A part.) Chavanne* a rouai!
CHAVANNES
Mais, madame, je vous jure, ce n'est rien... Une lettre d’alfaircs... Donnez, Glatz, donnez.
rosb linon, s'emparant ds la lettre.
Je la verrai...
MUGCETTE, A part.
Ah ! mon Dieu, voilà qui va faire du tort à mon joueur do cornemuse. Elle no le regarde déjà plus.
ROBiscr, à part.
Ah ça, mais, elle »*inié tes sc bien aux lettres que reçoit Cbavannes.
Ross linon, qui a ouvert la lettre
De Marictta ! je m’en doutais.
chavannes, à part.
Le feu est aux poudres.
MICHEL GLATZ, mime jcU.
Et c’est le paysan qui sautera.
coguelu, bas , à Kcrnoël,
Voyons, t’es pâle, pauvre fieu, t'ts pâle,., j’vois ben ça, vcux-iu t’asseoir ?...
KERnocl, bas à Goguelu,
C'est vrai, Goguelu. je suis bien fatigué... Et puis tu ne saU pas. .J’ai faim 1
GOGUELU
Que dis-tu là, pauvre Kemoél ! Attends, je vais..;
KERNOEL.
Non, non... Allons-nous-cn 1
rose linon, à elle-même,
Mariella! — {A Kernocl.) Mon ami, je suis fort contente de vous avoir revu, mais... je désire être seule. Adieu, portez* vous bien.
goguelu, à part.
Qu'est-ce qu’ello dit donc là, la princesse P
ROSK LINON.
Revenez me voir, et si je puis vous être utile, je verrai.-, jo tâcherai. Adieu.
U: PARDON DK BRETAGNE.
COCCCLU.
Tu as raison, Kernoél, ta place n’cst pas ici. Il ne valait pas la peine de faire cent lieues, mon can on. Allons, viens-t’en. klunum., eu surtout.
O mes rêves... mes lèves !
iiosb linos, bas, à Chavannes.
Restez, jo veux tout savoir.
Mtci'ETTE, bas, à Bobœuf.
Reconduisez-moi. Je vous expliquerai tout.