‹ Le pardon de Bretagne drame en cinq actes et sept tableauxChapitre 62 sur 89 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

ROSB LINON, JOCELYNE, KERNOEL.

JOCELYNE, à Rose.

Madame, Kemoël est perdu... Je ne puis plus rien, mm; mus vous, — VOUS, est-ce que vous ne le sauve; C2 pas? (fendant toute la fin de celte scène on entend une musique de Oui dam le salon du fond.)

ROSB LINON.

Oui, je le sauverai, car je le puis.

JOCELYNI'.

Oh.J faites ce que vous dites, et je vous bénirai!

dose linon, passant à Kernoët*.

Vous savez, Kcrnoël. que si Ton vous interroge, vous no pouvez répondre, et que votre vie dépend même de votre silence. ^ kkrnoei., sourdement. t

D y a quelque chose de plus mrt que la crainte qui m oblige au silence, c’est la honte.

ROSE LINON

Eh bien! il est une réponse que vous pouvez faire.

KERNOEL.

Laquelle?

rose LINON.

Vous pouvez dire : Celte opulence dont on suspecte la Source, je la tiens de Rose Linon; c s esl . lie qui m’a tout donné.

KtRNOEl.

Moi ! je dirai cela?

ROSB LINO.V.

Et l’on vous croira, si vous ajoutez... Rose Linon sera ma femme!

JOCELYNE.

Mon Dieu!

KERNOEL.

Jamais! jamais!

ROSE LINO».

Prenez garde.

llRNOn:

Moi, un pareil aveu! moi, je permettrai qu’on dise; Celle femme l’a enrichi du fruit de ses amours!

ROSE LINON

Kemocl, j’ai tout prévu. S’il faut des preuves, j’en donnerai. Oui, je prouverai que je vous ai donné ma fortune, car culte fortune vousappariien», comme je suis à vous, Kemoël; nous luirons, nous fuirons ensemble, pour ne plus nous quitter... (l\crnoel fait un mout^nunl.) Encore une fois, prenez garde... ils vont venir, ils viennent, et je vous dis que vous êtes psrdu... Perdu ! entendez-vous celaf

JOCELYNE.

Perdu ! Kcrnoël... — Oh ! ne dit- elle pas qu’elle a ton salut dans scs mains?

KERNOEL

Elle! Non, non, jamais l

rose uron, avec désespoir.

Jamais! — Alors, pourquoi es-tu venu te jeter au milieu de ma vie? pourquoi m as tu arrachée au tumulte, au bruit de ces dissipations qui assourdissaient mon âme? Suis-ju allée te poursuivre dans tes solitudes de Pen Marc h? Non, c’est toi qui es venu; c’est toi seul qui as tout fait, et maintenant que lu m’as liée à ton amour, lu veux que j’aie la force de m’en détacher? — Tiens! regarde Jocelyne; vois sa pâleur et ses larmes, et dcmaude-lui, à elle qui est femme, a elle qui soutire aussi, demande-lui si je t’aime.

JOCELYNE.

Oui, — c’est vrai; — je comprends; vous l’aimez... C’est fini... — Oh ! Kcrnoël, ie le sais bien qu’elle t’aime ; je le sens bien, moi. — Kcrnoël, écoute, écoute...

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