‹ Le pardon de PloërmelChapitre 41 sur 54 · ACTE II, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII

« Infernal mensonge !

“ Prestige ! vain songe !

« Qui fuit « Dans la nuit!... »

Oui, c’est Satan qui veut rire de moi !

Voix de l’enfer! tais-toi ! tais-toi! tais-toi!

( Il s éloigne »lo nouveau et reste immobile dans l'ombre, appuyé contre un rocher. )

CORENTIN, à Dinorah.

Ecoute : — En ce ravin, sans nous tu vas descendre ;

Un de ces blocs de pierre à tes yeux brillera.

Il O E L , avec impatience .

Eh bien?...

CORENTIN

Elle va me comprendre.

( A Dinorah. )

Sans peine et sans effort ta main le poussera.

Tu verras un trésor!... un trésor qu’il faut prendre !

Il O EL.

Eh bien?...

* CORENTIN

Chut ! elle va m’entendre ;

Eloignez-vous !

. Elle est à nous!...

DINORAH, jetant son bouquet.

» De l’oiseau dans le feuillage “ Retentit le chant joyeux; h Le bruit de son doux ramage « Remplit les bois et les eieux !

•* Dans l’espace « Il prend son vol ; i< Il passe,

« Il fuit en rasant le sol ;

» Libre, heureux, chantant toujours !...

(Avec tristesio.)

<• Moi, je pleure, adieu beaux jours !

« C'en est fait de mes amours ! »

HOEL.

Disparaissez, vaines ombres !

Lutins qui gardez ces lieux,

Au fond des cavernes sombres Cachez-vous à tous les yeux !

Au dernier coup de minuit Le coq chante... la croix luit !...

A moi ton riche trésor!

. O Satan, à moi ton or! !

CORENTIN, à Dinorab.

Quand le jour percera l’ombre ,

Il faudra quitter ces lieux !

Au fond de ce ravin sombre Le trésor brille à tes yeux !

Le temps passe, l’heure fuit !

Le coq chante... la croix luit!

Va donc, qui t’arrête encor?...

Mets la main sur le trésor!

^ La tempête éclate arec violence. J

ENSEMBLE

* HOEL.

Sur mon front gronde l'orage !

Je sens faiblir mon courage !

C’est sa voix... oui, par instant,

C’est elle encor que j’entend !

CORENTIN

Sur mon front gronde l’orage !

Je sens faiblir mon courage !

Garde ton or, ô Satan!

J’y renonce!... Sois content!...

DINORAH

Dans les cieux, gronde l’orage !

Que j’ai nie sa voix sauvage !

Malheur au perfide amant Qui trahit son doux serment !

( Ello arrache son collier. — lin éclair illumine tout à coup la scène entière. — On voit la chèvre qui passe au fond du théâtre en sautant do rocher en rocher. — Ello traverse lo pont jeté sur le ravin et disparaît. )

IIOEL.

Ah ! qu’ai-je vu ? Tentation nouvelle !

IlINORAH.

C’est Bellah!... Oui, c’est elle!

(elle jetto son collier aux pieds d'Hoôl et s’élance Tors le ravin. )

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