‹ Le parfum de Rome (volume 3)Chapitre 113 sur 230 · UN TRIOMPHE · texte numérisé non relu

UN TRIOMPHE

drapeaux, des fleurs, de la joie. Le général de ia garde nationale, signore BePuorno, prie ses :oncitoyens de faire en sorte que certains tra- 'ùati qui se sont mal comportés la veille, ne paissent contaminer cet heureux jour.

(( — Chose triste, ajoute signore BeFuomo, qu'il se trouve des gredins itraviati) dans un peuple

La consigne d'allégresse est obéic. La voie est pavoisée, jonchée de feuilles. Feuilles de laurier, s'il vous plaît!... un peu gâtées par le crottin de cheval. — Au milieu, un arc de verdure. Des faisceaux de fusils et des tas de boulets servent de bornes. Excellentes bornes!... Et ce sont les boulets qui n'ont pas servi pour prendre la ville, tombée au seul aspect du conquérant.

Nouvelles affiches pour chauffer l'enthousiasme des Livornesi, Ils vont être très-heureux et trèsgrands ! Ils vont voir le cousin de leur bien-aimé Prince, « accompagné des preux de iMagenta », sous les ordres du ce grandissime Durando ! >^ Durando en lettres grandissimies, comme les gran- 'dissimes acteurs.

Les bataillons toscans étalent des barbes incomparables. C'est une impression pénible de voir une

troupe qui a tourné. L'on s'y fera. — Bourgeois en demi-toilette, peuple en grand négligé^ haie de garde nationale, la même que partout.

Une tile de petites voitures bourgeoises, bientôt terminée en misérables fiacres*, c'est le cortège. Les chefs crient Viva! On répète Viva! — Le Carignan, en habit noir, n'a pas l'air d'un héros. Les princes ont tort de se couler dans l'habit noir.

Durando, en collet d'or, fait plus d'effet. Franche mine de vieux reître. Il y a plus de cris pour le collet d'or de Durando que pour l'habit noir de Carignan. Un jour, j'ai entendu les acclamations qui saluent Léotard. Voilà un triomphe !

On nous distribue des sonnets imprimés en encre bleue. — Un Livornais se tourne vers moi : — Monsieur , comment cela finira-t-il ? — Vous voyez, signor, comment cela commence. Vous avez payé? — Molto! — Dimque, pagarete molto. — Lo credo!

Le batelier, patron du Dante, qui me promène dans le port, est ami des Français. A son avis les seuls Français et Italiens, bien unis, donneraient

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