‹ Le parfum de Rome (volume 3)Chapitre 135 sur 230 · L AUTEL. .M · texte numérisé non relu

L AUTEL. .M

Le Chœur :

a Saints de Dieu, vous avez reçu un siège sous l'autel de Dieu : intercédez pour nous auprès de Notre- Seigneur Jésus-Christ.

a Sous l'autel de Dieu, j'ai entendu la voix de ceux qui ont été tués. Ils disiiient : Pourquoi ne défendezvous pas notre sang ? Et ils ont reçu cette réponse divine : Attendez encore un peu. jusqu'à ce que soit complet le nombre de vos hères.

a Les corps des Saints sont ensevelis dans la paix ; les noms des Saints vivront éternellement. )>

Le Pontife a fermé le tombeau. Il prend l'encensoir.

Le Chœur :

« Un Ange était debout près de l'Autel du Temple : dans sa main il tenait un encensoir dor, et on lui donna des parfums en grand nombre, et la fumée des aromates monta devant Dieu. Alléluia ! »

Le Pontife :

« Qu'en votre présence, Seigneur, notre prière s'élève comme l'encens. Que ceux qui auront offert avec dévotion sur cet autel le saint sacritice, ou qui en

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auront reçu raliment sacré, obtiennent et le secours pour la vie présente, et la rémission de leurs péchés, et la grâce de l'éternelle rédemption. »

Une voix rappelle de nouveau la pierre de Jacob, préfiguration de Pautel véritable, et le Chœur entonne le psaume Qiiam dilecta labernacula tua, ce soupir que David, dans la nuit de Tattente, au pied de l'autel périssable, poussait vers le tabernacle éternel :

c( Mon âme soupire ; elle est dans la défaillance, elle aspire aux parvis du Seii^neur.

« Jacob érigea une pierre en autel, il y répandit l'huile et otirit un sacririce au Seigneur.

(( Mon cœur et ma chair éclatent de joie et d'amour dans le Dieu vivant.

(f Jacob érigea une pierre en autel...

« Car le passereau trouve une maison pour s'y retirer et la tourterelle un nid pour y placer ses petits ;

(( Jacob érigea une pierre en autel...

ce Et moi j'ai vos autels, Seigneur des Puissances, mon Roi et mon Dieu ! »

Parmi tant de sublimes inspirations qui tiennent la liturgie au niveau de la parole de Dieu, il n'y en a point d'où jaillissent plus de lumières, que l'emploi qu'elle fait des textes de l'Ancien Testament. La liturgie est un commentaire divin de l'Ecriture ; elle en explique tous les sens, elle en étale toutes les beautés, elle montre l'accomplissement de toutes les prophéties et la certitude de toutes les promesses.

Le Pontife, employant l'huile des catéchumènes et Teau bénite, fait de nouveau le signe de la croix sur la pierre sacrée, appelle de nouveau les largesses de la bonté divine, en faveur de quiconque aura prié à cet autel. Le souvenir de l'autel de Jacob revient durant le chant du psaume Bonnm est co:i- Jiteri Domino, destiné à célébrer la justice de Dieu ;

« L'homme insensé ne pourra connaître les pensées du Seigneur et le fou n'en aura point l'intellii^ence.

« Jacob se leva dès l'aurore...

(c Après que les pécheurs auront poussé comme l'herbe, et que tous ceux qui commettent l'iniquité auront jeté leur éclat, ils périront éternellement.

i( Et VOUS, Seigneur, vous êtes le Très-Haut éternellement.

« Et voici que vos ennemis, Seigneur, vont périr ; et tous ceux qui commettent liniquité vont être dispersés.

« Et mon œil a méprisé mes ennemis, et mon oreille entendra parler du malheur des méchants.

a Le juste fleurira comme le palmier, et se multipliera comme le cèdre du Liban.

a Jacob se leva dès l'aurore... ))

On dit le psaume XLIV, qui s'adresse au Messie et à son Eglise, et le psaume XLV, qui peint la sécurité de l'Eglise de Dieu :

« Dieu est notre refuge et notre force : il nous assiste dans la grandeur de nos afflictions.

(( Le Seigneur est au milieu de la cité sainte, elle ne sera point ébranlée : Dieu la protégera dès le grand matin.

« Les nations ont été remplies de trouble et les royaumes ont été abaissés. Dieu a parlé et la terre a été secouée...

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« Soyez en repos, c'est moi qui suis Dieu : je serai élevé au milieu des nations, je serai élevé dans toute la terre. »

Le Pontife mêle Phuile sainte et le saint-chrême sur la pierre, et le Chœur chante le psaume Fiindamenta ejus in montibus sanctis, glorification prophétique de la nouvelle Jérusalem, également applicable à Rome et à F Eglise :

(c Glorieuses sont les choses que l'on dit de toi, cité de Dieu I

(t Ne dira-t-on pas de Sion : Un grand nombre d'hommes sont nés dans elle, et le Très-Haut luimême l'a fondée ? »

Cependant le Pontife, d'une façon plus pressante et plus tendre, invite encore le peuple à prier. Le Chœur rappelle l'autel de Moïse, comme il a rappelé l'autel de Jacob :

« Moïse éleva un autel et il y offrit un sacrifice du soir qui s'éleva en odeur de suavité devant le Seigneur Dieu, en présence des fils d'Israël. ))

Mais avant que le sacrifice soit offert sur la pierre sacrée, elle devra porter quelque figure des sacrifices de Tancienne loi. Le Pontife y a disposé cinq

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croix, chacune formée de cinq grains d'encens qu'il vient de bénir, a afin que par son odeur les embû- (( ches du démon soient éloignées de l'homme, œu- (( vre des mains de Dieu, racheté du sang précieux « de Jésus-Christ, et qu'ainsi Thomme puisse échappe per à la morsure du serpent d'iniquité. » L'encens brûle; le Chœur invoque FEsprit saint. Le Saint-Père était debout à l'angle de Tautel, grave et doux, plein de la présence de Dieu. On chantait :

(( L'Ange se tenait près de l'autel du Temple, il a\ait à la main un encensoir d'or : on lui donna des parfums en grand nombre, et la fumée des aromates monta en présence de Dieu. )>

Et je me suis dit : — Jai vu l'Ange du Seigneur; je l'ai vu debout près de l'autel du Temple; il avait à la main un encensoir d'or, et son cœur brûlait, et il portait vers Dieu toutes les prières du peuple de Dieu.

Le Pontife :

« En haut les cœurs, et rendons grâces au Seigneur notre Dieu.

« Il est véritablement digne et juste, équitable et salutaire que toujours et partout nous vous rendions

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