‹ Le parfum de Rome (volume 3)Chapitre 154 sur 230 · LE CAPITAINE · texte numérisé non relu

LE CAPITAINE

Le capitaine X., émigré polonais, passe depuis quinze ou vingt ans une partie de sa vie à courir d'église en église, partout où il sait que se gagnent des indulgences ; et nul ne le sait si bien que lui.

Il applique toutes ces indulgences aux âmes du Purgatoire, et lorsqu'il croit en avoir délivré une ;il le croit probablement sur de bonnes raisons^ il lui confie une âme de ce monde : ami, adversaire, inconnu, quelqu'un qu'il aura vu prier à côté de lui ou dont il aura lu le nom dans un journal; quel-

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qu'un qu'il voit dans une grande peine ou dans une grande joie : il demande à cette âme qu'il a délivrée d'assister cette âme en souffrance ou en péril.

Ses nuits, il en écoule d'abord une partie en adoration devant le Saint-Sacrement, et ensuite il va se mettre au service d'un malade, ami ou autre. Il ne donne pas ses soins, il croit ne pas sV entendre; il reste dans l'antichambre. Il prie ou il dort. Il est là si l'on a besoin d'aller chercher le médecin ou le remède. Il a ainsi passé six mois , lui Polonais , dans l'antichambre d'une dame russe.

Tout son petit revenu va aux pauvres. Il se nourrit d'un morceau de pain, par vertu autant que par la glorieuse nécessité de ses aumônes. S'il se trouve chez un ami au moment de dîner, et qu'il ait le temps de dîner, il dîne-, mais il paye aux pauvres ce repas qu'on lui a donné.

Il est le cicérone des pèlerins pauvres. Il leur montre Rome, que nul ne connaît mieux; il leur trouve un gîte et un repas lorsqu'il ne peut suffire par lui-même.

Et quand il veut se donner un régal, il parle de l'artillerie ; car il était capitaine d'artillerie dans

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