‹ Le parfum de Rome (volume 3)Chapitre 42 sur 230 · SAINT GRKGOIRK VU. J:TC. 14I · texte numérisé non relu

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lui reprochait d'avoir gagné la faveur du peuple. Mais la faveur du peuple est passagère; elle se donne, elle se retire. Le généreux Pontife mourut en exil, et on le crut vaincu. Il eut des successeurs. Avant d'être élevé au pontificat, il avait désigné quatre papes; au moment de mourir, il en désigna trois, qui régnèrent après lui. Que peut la force humaine contre la Providence qui suscite de tels athlètes, leur donne une telle constance, et par de tels moyens prolonge leur noble vie? En réalité, le pontificat de saint Grégoire ^"II va de saint Léon IX :jo48io54 , son premier protecteur et son premier disciple, au pontificat de Pascal II 1099-1118" : soixante-dix ans. Pascal II lui-même eut des successeurs pleins du même esprit, saints et magnanimes, qui, jusqu'à Innocent IV 1243-1254, soutinrent Peffort des Césars allemands, et abattirent enfin, sinon leurs prétentions, du moins leur espérance.

Les Césars d'Allemagne ne furent point des hommes de médiocre ambition. Ils aspiraient à l'empire du monde. La connivence des Papes le leur eut donné, et la vieille Rome renaissait à son heure la plus funeste, ou plutôt l'humanité recommençait à niourir.

Cent ans après Henri iV, le vaincu de Grégoire, régnait Frédéric Barberousse. Le pape était

Adrien \\\ homme de rien, comme Hildebrand. Enfant, des moines anglais lai avait ouvert leur monastère, à la porte duquel il demandait son pain. Voilà l'obstacle de l'Empire ! Barberousse, ayant été salué empereur de Rome et du monde, prétendait que ce ne fut pas un vain titre. Il produisit une consultation des juristes bolonais, qui décidait que, en effet, r Empereur exerce de droit une domination universelle et absolue sur tout individu, tout peuple, toute ville. Les juristes prononçaient ainsi contre les villes lombardes, qui réclamaient quelque liberté. Outre ses juristes, César avait ses soldats et de nombreux partisans en Italie.

Adrien, élu Pape, fit dire k ce superbe de venir lui rendre hommage, et voulut qu'il tînt les rênes de sa monture. C'était l'usage légal. Cet usage prouvait à l'Empereur l'existence d'un droit au-dessus de sa volonté. Les juristes, et plus encore les démocrates, frémissent au souvenir des exigences papales. Ils veulent des empereurs qui soient la loi vivante... dans leurs mains. Les villes lombardes applaudirent au Pape, l'Empereur plia. Plus tard, après dix-huit ans de triomphes, après avoit fait un antipape qui ne défendait pas les libertés lombardes, Barberousse dut plier encore devant Alexandre II L un pauvre vieillard que la puissance impériale avait chassé de partout, rasant les villes qui restaient dans son alliance. Quand l'Empereur eut

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les mains pleines de victoires, il fallut congédier l'antipape, qui suivait la cour, et envoyer au Pape légitime, qui était fugitif. On le chercha longtemps. Il refusa de traiter, à moins que César n'admît le droit des villes. César avait besoin de la paix : il céda. La papauté avait attranchi T Eglise et fondé les républiques italiennes.

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