‹ Le parfum de Rome (volume 3)Chapitre 69 sur 230 · LE PLAN DE CONQUETE · texte numérisé non relu

LE PLAN DE CONQUETE

Ils se disent : — « Ne faisons rien de trop ! Ne nous donnons pas le mauvais genre de tuer le Pape, il ressuscite; ni de l'enlever, il revient, ni de le mettre en prison, il y grandit. Réduisons-le à la condition de simple particulier.

« N'abjurons pas le christianisme : il faudrait faire un autre culte et cela finirait en farce tragique. Conservons « l'auguste religion de nos pères » -, ne lui ôtons rien que la tête. C'està-dire, retirons peu à peu le cerveau ; laissons la figure. Ce caput juortuum tombera ensuite tout doucement.

(( Avons les yeux sur la Russie. La sainte Russie! Il y a là des prêtres, des évêques, des moines , des sacrements , des églises -, on dit la messe, on chante, on prêche*, et rien de gênant pour personne. C'est l'idéal. Un service pour le nett03^age des âmes, comme il y a un service pour le nettoyage des rues... Tous deux dans les attributions de la police î

(( Il faut prendre Rome peu à peu. Rome en levée au Pape, plus de Papauté temporelle, et la Papauté spirituelle languira. Ce sera le battant de la cloche dans une robe de paille. Ainsi les catholiques ne resteront pas sans consolation. Ils attendront que le spirituel recompose le temporel.

« Cependant la voix de Rome se taira. Les catholiques se désaccoutumeront de l'entendre. Ils se désaccoutumeront aussi d'attendre. Discutons. Quand la Force discute, malheur aux principes qu'elle veut contester ! Ses adversaires biaisent, de peur qu'elle ne leur coupe la parole*, les tiers partis surviennent, les principes se rouillent. La Force prononce lorsqu'elle voit les esprits assez préparés. Les uns sont amollis, les autres embrouillés ; ils ont lentement deviné les œuvres de la Force, ils en ont d'avance épuisé l'horreur. »

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