‹ Le parfum des îles BorroméesChapitre 46 sur 53 · SOUS LA PLUIE PERSISTANTE, ÔABRÏEL DOMPIERRE · texte numérisé non relu

SOUS LA PLUIE PERSISTANTE, ÔABRÏEL DOMPIERRE

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— Quel temps !

« — Quel temps !

■ — Est-ce que vous parlez bientôt?

— Oui, demain.

Elle eut un frémissement imperceptible :

— Comme nous ! dit-elle.

Ils regardèrent encore tomber la pluie.

Sous la pluie persistante, Gabriel Dompierre et Dante-Léonard- William Lee, monsieur, madame de Chandoyseau et Ghislaine quittèrent Stresa par le bateau du matin. Installés à l'arrière, sous l'abri de toile qui couvrait le pont, tous donnaient un dernier coup d'oeil à cette anse privilégiée du lac Majeur qui contient

Pallanza, Baveno, Stresa et les trois îles.

M. de Chandoyseau hasarda cette réflexion :

— Que diable ! il ne faut pas nous plaindre, nous avons passé là une bien belle saison.

Dompierre regardait fuir les rives d'où le poète avait vu émerger une trop réelle sirène ; il s'appliquait à percer le brouillard ; il s'acharnait à distinguer une dernière fois tel et tel lieu, à ressusciter tel souvenir dont la saveur lui versait un suprême enivrement.

La pluie s'épaississait, le bateau filait, toute cette baie de volupté disparaissait dans une grisaille impénétrable ; on tourne et ce notait plus la peine même de regarder. Gabriel eut une oppression comme si Pair venait à lui manquer ; ses narines battaient ; sa bouche était entr' ouverte en quête d'un souffle épuisé, il avait senti expirer le parfum des îles Borromées.

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