‹ Le Parisien, comédie-vaudeville en un acte. Représentée pour la première fois, à Paris, sur le théatre des Folies-Dramatiques, le 20 mars 1837Chapitre 11 sur 20 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

LÈOS, VICTOR.

LÉON, en entrant et regardant Benjamin qui sort.

Et c'est ca le futur!..

VICTOR

Il est gentil I

LÉON

Voilà le pastoureau qui m'a fait manquer mon mariage !

VICTOR

Comme c'est contrariant ! Moi qui viens de perdre ma place à Paris, et qui venait te trouver à Avalon pour l'emprunter de l'argent.

LÉON

J'en suis autant désolé que toi; car moi aussi, j'ai besoin d'espèces... j'ai tant de dettes ! j'avais la douce espérance de les payer avec la dot de la petite boutiquière , quand ce Nicaise est venu jeter des bâtons dans la roue de ma fortune.

VICTOR

Ah ! j'y suis, maintenant... tu es amoureux des billets de banque !

Air de la Somoaaibnle.

Oui, je comprends, c'est justice à te rendre , Mais lu n'es pas du tout sentimental.

LÉON

Moi , naviguer sur le fleuve de Tendre!

VICTOR

Ce ridicule est bon pour ton rival ; Depuis long-temps, par cœur, je sais Ion ame, El cependant j'ai jugé comme un sot.

Je l'ai cru l'amant de la femme El lu n'es que l'amant de la dot ! (bis.)

LÉON

Il faut bien soigner ses petits intérêts; ce qui ne m'empêche pas de rendre justice aux charmes de la jeune personne.

VICTOR

Sans doute.

LÉON

Malgré ma défaile , je ne me tiens pas encore pour battu; je ne suis venu à celte soirée que pour avoir ma revanche ; et je veux même que tu me serves de partner.

VICTOR

Comment 1 c'est pour cela que tu m'as fait venir à cette fête?., bien obligé! LÉON.

Allons, un peu de dévoiiment.

VICTOR

Il m'en faudra beaucoup, car à Paris, nous autres viveurs qui exploitons les soirées dansantes et soupantes , nous n'aimons à faire la guerre qu'aux gâteaux et aux rafraîchissemens ; nous n'allons au bal que pour souper; vivent les concerts restaurans, et les réunion mangeantes!..

Air du galop de Gustave.

Sur les babas.

Sur les noiig.ils

Je me lance

Pendant qu'on danse ,

Et des monceaux De beaux Gâteaux Désertent les friands plateaux ;

Jeunes tendrons,

Mille pardons De ma coupable négligence,

Mais pour danser

Et pour valser, De moi vous pouvez vous passer;

Quand un galant.

Au cœur brûlant , Vole avec transport sur vos traces,

A l'amoureux ,

Laissant les feux , Moi , je me lance dans les glaces :

Sur les babas, etc.

LÉON, gaînient.

C'est très bien; mais ce soir, en ma faveur, tu suspendras les affriolantes tiostilités.

VICTOR

Puisque tu le veux , je nie sacrifie à l'amitié.

LÉON

Voilà parler! maintenant, je vais le communiquer mon petit complot.

VICTOR, apercevant Jeannette portant un plateau avec des gâteaux Mon ami , si cela t'est égal , tu me permettras d'abord , de songer à prendre des forces... (il prend un biscuit.)

LÉON

SoitI (A part.) Aussi bien, je vais causer avec mon complice , au bas du petit escalier; là, personne ne pourra nous voir.

(Ils s'éloignent, les personnes invitées et M. M™^ Bonnefoi entrent.)

Page 1