‹ Le Parisien, comédie-vaudeville en un acte. Représentée pour la première fois, à Paris, sur le théatre des Folies-Dramatiques, le 20 mars 1837Chapitre 19 sur 20 · SCENE XYII · texte numérisé non relu

SCENE XYII

Les Mêmes , VICTOR, et ensuite LÉON.

VICTOR, figure et démarche avinées; costume en désordre. Air connu.

A boire ! à boire ! à boire !

BONNEFOI , à Victor.

Mon ami , vous n'êtes pas dans votre assiette, et si vous le voulez bien , je prendrai la liberté de vous dire : allez vous coucher.

VICTOR

Me coucher!

-4ir connu.

J'aime mieux boire, (bis.) BONNEFOI.

Au moins, il oublie ses peines! il ne pense plus à sa malheureuse sœur !

VICTOR

Moi . une sœur? ah ! c'te farce 1 (léon entre et écoute.)

BONNEFOI , à Victor.

Il ne vous souvient donc plus. ..Et votre sœur?

VICTOR

Quand je vous dis que je n'ai pas plus de sœur que sur votre main.

M lui frappe sur la main.) TOCS.

Serait-il possible !

LÉON , au fond du théâtre.

Ciel!

M'"^ BONNEFOI

Quoil monsieur, vous nous auriez trompés à ce point?

LÉON, basa Victor.

Vicier, tu l'oublies...

ViCTOR.

Ils croient que c'est pour les beaux yeux de la petite, que lu veux devenir leur gendre!.. Sont-ils jobards, les époux Bonnefoi!

M. et M"'= BONNEFOI.

Comment, jobards! nous!

LÉON , à Victor , de même.

Silence donc , malheureux !

VICTOR . à Léon.

Allons donc, pas de jérémiades... Est-ce que je n'ai pas bien joué mon rôle dans ta comédie?

TOUS

Une comédie !

VICTOR

Comme nous allons faire sauter lesécas, quand t'auras empoché la dot! car c'est la dot que tu veux , scélérat...

TOUS

Comment! c'est pour la dot!

LÉON, à part.

Tout est perdu I

BONNEFOI , à Léon.

Eh bien I M. Léon , qu'avez-vous à répondre?

LÉON , à part.

Que lui dire? (Tirant sa montre.) Je VOUS demande mille pardons... il esl onze heures Irois-quarts, ma portière n'ouvre plus passé minuit ; j'ai bien l'honneur de vous souhaiter le bonsoir. (Il sort.)

M. et M'"= BONNEFOI.

Je comprends...

ÉLISE et BENJAMIN.

Et moi aussi.

VICTOR

Quant à moi , je suis bien ici et j'y reste.

(Il s'assied sur une chaise au côté du théâtre.) M'"' BONNEFOI , à son mari.

Qu'en dites-vous, M. Bonnefoi.

BONNEFOI

Nous avions dans l'œil, non pas une plume, luaisune énorme banquette! (A Benjamin.) Ah ça! mon brave Benjamin, ou l'avait donc pétri comme cire molle?

BENJAMIN

C'est ce vilain M. Léon qui m'avait fait changer de peau, comme un serpent à sonnettes...

ÉLISE

Je disais bien !

BENJAMIN

Mais en définitive, je redeviens ce que j'ai toujours été franc comme l'osier , et pur comme du lait d'ànesse.

BONNEFOI

Oublions tout, et demain. Benjamin épouse sa cousine!

BENJAMIN

Quel bonheur!

BONNEFOS.

Mon gendre, ma fille n'est qu'une tapissère, mène-la toujours avec des. ménagemens.

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