AFFAIRES SPIRITUELLES, HÉRÉSIE
cien usage qui laissait au juge ecclésiastique le jugement du crime d’hérésie:.
Le Parlement ne manifestait pas encore son aversion pour les tribunaux de l’inquisition; en 1331, il avait même donné gain de cause au grand inquisiteur contre Guillaume de Villars, commissaire royal, envoyé pour réprimer à Toulouse les excès des inquisiteurs?. Est-ce à dire que le Parlement s’interdisait toute immixtion dans ces causes spéciales ? non; en 1388 (lundi 7 décembre), à l'occasion d’un débat « touchant la foi », entre le recteur et l’Université de Paris d’une part et de l’autre les Jacobins, il nomma une commission composée de l'évèque de Bayeux, du chancelier et du premier président Arnaud de Corbie *. En 1405, il intervint encore pour réprimer le zèle des échevins de Cambrai, qui avaient chassé de leur ville, comme hérétiques (après les avoir emprisonnés), malgré ses ordres, Marie du Cavech, Nicaise de Vaulx, Jaquemart de Dompierre, et plusieurs autres personnes dont l'évêque de Cambrai, Pierre d'Ailly ct l’archevèque de Reims, Gui de Roye, se disputaient le jugement. Il obligea les échevins à rappeler les bannis, à leur rendre leurs biens ét à les rétablir dans tous
4. P. Viollet, Introduction aux Établissements de Saint-Louis, p. 252. — Dupuy, commentaire cité, t. I, pp. 92, 98.
2. D. Vaissete, L. XXX, ch. 28 (nouvelle édition, t. IX. p. 458) cf. Leclerc: Discours sur l’état des lettres au XIV® siècle, t. 1. p. 234. — En 1411 (26 juin), à l’occasion d'un procès entre le vicaire général de l’inquisiteur de la foi en France, appelant et demandeur, réclamant qu'Hébert Boin, prisonnier à la Conciergerie et suspect d’hérésie lui fut remis, le Parlement donna tort au vicaire, mais ne garda pas la cause. Ï décida qu'Hébert serait remis pour être jugé à l'évêque de Paris, assisté du ministre des Mathurins de Paris, du chancelier de Notre- Dame de Paris, de divers théologiens et canonistes choisis par :lui. Le tout du consentement des parties ; v. Arch. nat. X1a 4789, f. 141 vo, et Journal de N. de Baye. t. II p. 16.