LE PARLEMENT ET LA POLITIQUE
temps, l'effet des circonstances, du consentement général; il serait donc parfaitement légitime et les excès seraient la conséquence des vices de la constitution de l'État. La seconde, déclare que c’est la suite d'usurpations successives, le Parlement aurait dévié de son but‘. Cette dernière manière de voir, à mon sens la véritable, rencontre de nombreuses circonstances atténuantes. M. Picot a fourni la principale : « Sortie du conseil du prince, elle (la « cour du Parlement) garda la marque ineffaçable de sa « première origine, en conservant au milieu des fonctions « judiciaires, le souvenir de ses droits politiques et en s'at- « tribuant comme un devoir suprème la mission d’avertir et « de conseiller le roi’ ». Cette excuse est celle qui nous a déjà servi quand il a fallu juger les empiétements du Parlement sur le domaine des diverses juridictions souveraines. Quant aux autres, les lignes qui suivent les rendront manifestes. Aussi bien au xrv° et au xv° siècle les usurpations de ce corps illustre en matière politique n'ont-elles pas grande importance en elles-mêmes; malheureusement les parlementaires les invoqueront plus tard comme des titres sérieux pour justifier leurs insolentes prétentions.
Sous le règne des princes sages et habiles, cette intervention du Parlement est presque nulle ; mais pendant les troubles, quand la royauté est effacée, sa haute situation, son organisation puissante, son patriotisme même le poussent à mener de front lapolitique et la justice pour répondre au vœu du pays. Lui seul alors se trouvait assez dégagé des partis pour être respecté de tous*.
1. E. Fayard. Aperçu historique sur le Parlement de Paris, t. I. Avantpropos, p. 7.