‹ Le Parlement de Paris de Philippe leBel à Charles VII (1314-1422)Chapitre 18 sur 336 · INTRODUCTION XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIII

grands personnages, des membres du Conseil du roi, des requêtes de l'Hôtel, de la Chambre des comptes, etc. Les ambassadeurs, les légats, prenaient plaisir à y assister. Si, pour raison de guerre ou d'épidémie, l'ouverture était retardée, les plaideurs n'éprouvaient, en principe, aucun préjudice, mais en fait les procès subissaient les conséquences du retard.

Après le discours du chancelier félicitant la cour et l'invitant à redoubler de zèle, le greffier lisait à huis clos les ordonnances concernant les conseillers, les huissiers; alors ces derniers ouvraient les portes et le greffier terminait par la lecture des ordonnances relatives aux plaideurs, puis les avocats et les procureurs prêtaient le serment d'usage, la main sur l'Évangile que tenait le chancelier. Aussitôt commençaient les travaux.

Trois fois la semaine, et quatre fois à la veille des vacances, l'hiver à sept heures et l'été à six, les conseillers arrivaient dans la chapelle du palais située dans la grande salle. La messe dite, ils se rendaient dans la chambre dont ils faisaient partie. Ceux qui, sans excuses valables, étaient en retard, se voyaient, ce jour-là, privés de leurs gages et condamnés à une amende dont le produit se partageait entre l'Hôtel-Dieu et les Quinze-Vingts. Une fois installés sur leurs bancs recouverts d'une tapisserie ornée de fleurs de lis, les maîtres ne devaient pas s'absenter avant midi, sauf une seule fois, avec la permission du président, pour aller prendre à la buvette des boissons fortifiantes. En 1404 un règlement leur défendit d'y faire des dépenses exagérées et d'y demeurer trop longtemps.

La police des salles était confiée aux huissiers.

Ces audiences du matin, ces « matinées » devenues insuffisantes, on créa des audiences du soir, des « après-dînées », les jours où il n'y avait pas séance de conseil. Dans

Page 1