‹ Le Parlement de Paris de Philippe leBel à Charles VII (1314-1422)Chapitre 225 sur 336 · Id. ibid., ch. 5. — Juvénal des Ursins, an · texte numérisé non relu

Id. ibid., ch. 5. — Juvénal des Ursins, an

3. Religieux de Saint-Denis, ibid., ch. 6, 7, 8. — Christophle, op. cit., t. III, p. 143. — Jarry, op. cit., pp. 127 à 129.

4. Religieux de Saint-Denis, 1. XV, ch. 9. — Froissart : Chronique, t. XV, p. 128. — Pierre Mantiez de Luna, né à Caspe ou Huesca, en Aragon, probablement en 1334, fut successivement archidiacre de Saragosse, prévôt de Valence, cardinal diacre de Sainte-Marie in Cosmedin (20 décembre 1375) et légat. Il fut couronné pape le 11 octobre à Avignou et mourut abandonné de tout le monde à Peniscola le 23 mai 1423. — Baluze : Vitse Paparum Avenionensittm, t. I, notes, p. 1085 à 1092. Paris, Muguet. 1093, in-4°. — U. Chevalier, op. fit., — Cf. Christophle j Histoire de la Papauté pendant le xve siècle. Paris. Bray. 1863, in-8, t. I, pp. 12, 13, 46 à 48.

évêques présents et les membres de l'Université de Paris, on remarquait : Arnaud de Corbie, chancelier de France, Guillaume du Jardin, Pierre d'Ailly, Gilles Deschamps, Pierre Plo, Jean Courtecuisse1, les députés des Universités d'Orléans, de Toulouse, d'Angers, les conseillers du Parlement, entre autres : Jacques Bouju, Jacques Cosson, les avocats André Granger, Jean de Milly, Raoul d'Ulmont. La présidence fut donnée à Simon de Cramaud2. Les délibérations durèrent jusqu'au 18. On ne crut pas utile de réu-

1. Jean Courtecuisse, né à Haliaines vers 1350, étudia au collège de Navarre, fut reçu docteur en 1388, devint grand aumônier de Charles VI en récompense du discours qu'il prononça contre Benoît XIII, qui venait d'excommunier le roi (1407), et chancelier de l'Université après la démission de Gerson (1418). Le clergé de Paris le choisit pour évèque (1420), mais les Anglais s'y opposèrent. Il mourut en 1422 à Genève, qui venait de l'élire évèque. — V. Hauréau : Nouvelle Biographie générale, publiée par Didot, et Histoire littéraire du Maine, t. III, p. 148. Paris. 1871. Dumoulin, — Tuetey : Journal d'un Bourgeois de Paris, pp. 147, 164.

2. Simon de Cramaud « decretorum doctor famosissimus, subtilis ingenio, clarusque eloquencia » (Religieux de Saint-Denis, 1. XV, ch. 11). D'une noble famille poitevine, il était né à Cramaud, près de Rochechouard. Il fut religieux à Saint-Lucien de Beauvais, puis maître des Requêtes de l'Hôtel de Charles VI, chancelier du duc de Berry, évèque de Béziers (1383), d'Agen, de Poitiers (1386), administrateur de l'évêché de Carcassonne de 1391 à 1409, puis d'Avignon, archevêque de Reims et cardinal du titre de Saint- Laurent in Lucina (1413). Depuis le mois de novembre 1392, il avait le titre de patriarche d'Alexandrie. Charles VI l'envoya en Angleterre (1395), en Aragon (1396) pour traiter du schisme (Juvénal des Ursins, an. 1395, 1396), et à l'assemblée de Francfort (mai 1400). Il assista au traité de Paris conclu entre les ducs d'Orléans et de Bourgogne le 14 janvier 1402. Il mourut à Poitiers en 1429, et fut enterré dans la cathédrale. (Gallia Chistiana, t. II, col, 926, 1104; t. VI, col. 903. — Gallia Purpurata de Pierre Frizon, p. 468. — Généalogie des maîtres des Requêtes ordinaires de l'hôtel, p. 51). — Du Boulay : Hist. Unirersit. Parisien, t. V, p. 989. — Douet d'Arcq : op. cit., t. I, p. 226. — Kervyn de Lettenhove : CEuvres de Froissart, t. XXI, p. 54. — H. Moranvillé : Relations de Charles VI avec l'Allemagne. Biblioth. de l'École des Chartes. 1886 p. 491.

nir un concile universel, ni d'user de transaction. On adopta la voie de cession : Benoît XIII renoncerait à la tiare, comme il en avait donné l'espoir avant son élection, et on forcerait Boniface IX, que le religieux de Saint-Denis appelle toujours « l'intrus de Rome », à l'imiter, ce qui permettrait de procéder à une élection unique et de mettre fin au schisme. Ces résolutions furent envoyées par Charles VI à Benoît XIII qui reçut avec de grands égards les porteurs, mais n'accepta pas la voie de cession1.

De retour à Paris, les envoyés de Charles VI informèrent le roi et les princes de ce qui s'était passé et une grande assemblée eut lieu à l'hôtel Saint-Pol, le 24 août.

Un grand discours fut prononcé par Févêque d'Arras, Jean Canart *, et le lendemain le roi accorda audience aux députés de l'Université pour aviser à de nouveaux moyens 3.

L'année suivante. Charles VI envoya aux rois ses voisins des ambassadeurs qui avaient pour mission de réchauffer leur zèle *.

1. Religieux de Saint-Denis, I. XV, ch. ! 1, 12; I. XVI, ch. 1, 3. — Juvénal des Ursins. an. 1394 (vx. st.) et an. 1395. — Labbe : Saa'osancta Concilia, t. XI, pars IIa col. 2511. — Cf. Jarry, op. cit., pp. 130 à 133

2. Jean Canart : docteur en droit civil et en droit canonique, un des plus grands avocats de son temps, fut chanoine et vidame de Reims. Le 3 février 1380, il remplaça Guillaume de Sens comme avocat du roi.Évêque d'Arras en 1392, il mourut le 7 octobre 1407. V. Delachenal : Histoire des Avocats au Parlement de Paris, pp. 341, 342. — Tuetey : Testaments enregistrés au Parlement de Paris, p. 384. — Charles V l'avait nommé parmi ses exécuteurs testamentaires cf. L. Delisle : Mandements de Charles V, n° 1956.

3. Religieux de Saint-Denis, I. XVI, ch. 14. — Cf. Durand de Mail- .lane : Les libériez de l'Église gallicane, t. III, p. 617. — Martène et

Durand : Thésaurus novus anecdotorum, t. II, p. 1073 et suiv. : Acta varia de Schismate pontificum Avenionensium.

4. Religieux de Saint-Denis, 1. XVII, ch. 1. En Espagne, il envoya Simon de Cramaud et Gilles Deschamps. — Jarry, op. cit., 188.

Dans le but d'intimider Benoît XIII, l'Université commença par inviter le roi à lui retirer la collation des bénéfices '. On commença même à parler d'abandonner le pontife, d'accomplir ce qu'on appelait la soustraction d'obédience. Charles VI et son entourage essayèrent encore des moyens de conciliation et envoyèrent des députés à Rome et à Avignon 2. Lassée de ne rien obtenir, l'Université s'assembla solennellement ; après les discours souvent violents de Jean Courtecuisse, de Jean Canart, d'Oudard des Moulins et de Pierre Plaoul, la discussion s'engagea sérieusement sur la soustraction d'obédience. Le 22 mai 1398, une réunion d'évêques adopta cette mesure 3. Enfin, le 27 juillet, les lettres de soustraction furent publiées et enregistrées au Parlement : la rupture entre la France et Benoît XIII était accomplie \

Ce pape se trouva bientôt dans une situation critique : à la fin du mois de septembre, outrés de sa mauvaise foi, tous ses cardinaux, excepté deux, approuvèrent la soustraction. Aussi résolu qu'opiniâtre, pour les obliger à se rétracter, il appela des soldats aragonais à son secours. Les cardinaux s'enfuirent à Villeneuve ; mais le peuple d'Avignon leur donnait raison, et aidé par le maréchal Boucicaut il assiégea Benoît5. Le siège fut changé en blocus;

Page 1