Pastor, op. cit., t. I, pp
tions durèrent jusqu'au 5 novembre, et leurs décisions soulevèrent de grandes discussions1.
Parmi les plus zélés défenseurs de Benoît XIII se trouvait toujours l'université de Toulouse, qui avait soulevé tant de tempêtes et qui ne cessait de faire de la propagande. Il n'est donc pas surprenant qu'on ait voulu l'intimider en poursuivant les porteurs de la fameuse lettre : i'aragonais Sanche-Loup et Gonzalve de Castille. Tous deux furent conduits, pendant que délibérait l'assemblée réunie au Palais, en deux tombereaux, revêtus d'une tunique de toile où était peinte la présentation des bulles avec les armes de Benoît XIII renversées, coiffés d'une mître « où avoit escriptures du fait », depuis le Louvre, où ils étaient détenus, jusque dans la grande cour du Palais « en molt grand compaignie de gens à troupes ». Là on les exposa sur un échafaud et après plusieurs heures ils furent ramenés au Louvre (20 août 1408) 2. Finalement Gonzalve s'entendit condamner à la prison pour trois ans et Sanche à perpétuité. Les autres prisonniers furent remis à l'évêque de Paris pour l'examen de leur conduite. Le Parlement devait ensuite juger le cas de lèse-majesté \ L'Université de Paris joua un triste rôle dans ces poursuites iniques ; ses délégués manifestèrent dans leurs discours une violence inouie et une grande haine contre leurs adversaires.
Nous avons vu qu'à Rome et à Avignon les cardinaux s'efforçaient d'amener les papes rivaux à se démettre afin de laisser la place libre à un pape unique nommé par un
1. Religieux de Saint-Denis. L. XXIX, ch. 6, 8, 9, — Du Tillet, op. cit., pp. 305, 307.
2. Arch. Nat. X** 1479 f. 39. —Journal de N. de Baye. t. I, p. 225. — Du Tillet, op. cit., p. 304. — DuBoulay, op. cit. t.V,p. 170. — Félibien, op. cit., loc. cit. p. 552, cf. Juvénal des Ursins. an. 1408.