XII INTRODUCTION
Le chef direct était le chancelier. A ce titre, ce haut personnage présidait les rentrées annuelles, y prenait la parole et faisait prêter le serment d'usage à tous les membres de la cour; pendant Tannée, il surveillait la conduite des magistrats, l'application des ordonnances et des règlements, installait le premier président, assemblait, les chambres à son gré et servait d'intermédiaire entre le roi et le Parlement. Celui-ci concourut a son élection, depuis que Charles V en eut fait une règle (21 février 1372).
Après le chancelier, venaient d'abord le premier président, puis les autres présidents.
L'autorité du premier président s'étendait spécialement à la Grand'chambre et d'une façon générale au Parlement tout entier. Son costume était splendide ; ses gages, très élevés pourl'époque représenteraient actuellement au moins vingt-cinq mille francs. Aubesoin, il supplée le chancelier, reçoit les serments des avocats, des procureurs, des greffiers et des huissiers. Il reçoit et installe le prévôt de Paris. Le jour de la rentrée des chambres il donnait aux magistrats un grand dîner.
Cette haute fonction eut pour titulaires des personnes illustres parmi lesquelles on peut citer : Pierre de Cugnières, Simon de Bucy, ancien procureur général, Pierre d'Orgemont, Arnaud de Corbie et Henri de Marie qui devinrent chanceliers.
Sous la dépendance du premier président, la Grand'chambre comptait d'autres présidents; en 1336 il yen avait deux. Par faveur, le roi Jean créa une nouvelle charge au profit de Pierre d'Orgemont et elle fut maintenue malgré l'ordonnance du 27 janvier 1360. Une dérogation en entraîne une autre et Charles VI, imitant son aïeul, donna le titre de quatrième président (1394) à Imbcrt de Boisy, neveu de deux grands serviteurs de la couronne : le
INTRODUCTION XHI
président Etienne de la Grange et le cardinal d'Amiens. Il y avait donc, y compris le premier président, cinq présidents à la Grand'Chambre. Cette dernière anomalie disparut le 22 mai 1403; un président étant mort, Charles YI, plus fidèle à sa parole que Jean le Bon, ne le remplaça pas.
Plusieurs de ces présidents secondaires remplirent d'importantes fonctions diplomatiques (Philibert de Paillart, en Autriche, en Luxembourg" et en Allemagne, — Jean do Vailly, en France); d'autres se signalèrent parleurs talents comme administrateurs et par leur dévouement inébranlable au roi et à la cause française (Jacques la Vache, Etienne de la Grange, Pierre Boschet, Simon de Nanterre).
Leur traitement était inférieur de moitié à celui du premier président; de même que ce dernier suppléait le chanrelier, de même ils suppléaient celui-ci dans les audiences et dans les commissions.
Les autres chambres avaient aussi leurs présidents spéciaux,, qui n'étaient en réalité que les plus anciens conseillers de ces chambres.
La Chambre des enquêtes en comptait deux; le premier connu, Jean de Ilubant, est aussi le plus célèbre. La Chambre des requêtes n'en eut qu'un seul; il est à noter que parmi ceux qui se succédèrent dans cette charge unique, Jacques de Ruilly et Jean du Drac devinrent présidents de la Grand'chambre.
Depuis le 16 février 1366, date de la nomination de Jacques d'Andrie, successeur de La Vache, les présidents furent élus par le Parlement lui-même; les chanceliers et les simples conseillers n'arrivèrent que plus tard par cette voie de l'élection. L'élu prêtait serment de fidélité et de loyauté, puis le chancelier procédait à son installation après avoir lu les lettres royales qui confirmaient l'élection.
Les présidents avaient pour fonctions de prononcer les