‹ Le Parlement de Paris de Philippe leBel à Charles VII (1314-1422)Chapitre 90 sur 336 · LE PARLEMENT ET LA VOIRIE · texte numérisé non relu

LE PARLEMENT ET LA VOIRIE

§ II. — La surveillance et l'entretien de la voirie, des monuments publics, des fontaines, n'était pas une des moindres occupations de la cour. « La grande voirie de Paris était à la charge du roi, les quais, marchés et rues importantes, à celle de la ville, le reste à celle des riverains. Les bourgeois, on s'en doute, ne se prêtaient pas de très bonne grâce à l'exécution de ces obligations, il fallait des arrêts pour les y contraindre et vider les conflits ' . » En 1328, le Parlement confirma en appel une sentence du prévôt de Paris, autorisant les habitants de Saint-Marcel à faire payer des droits aux voyageurs et marchandises qui traverseraient la ville, et l'emploi de cette somme à la réfection des routes et des chemins 2. Bien plus tard, en septembre 1407, le prévôt des marchands invita le Parlement à surveiller la mise en état des rues de Paris. Le Parlement nomma, le 9 du même mois, Nicolas de Biencourt et Bertrand Quentin pour examiner la question3. Le plus souvent en effet, le Parlement envoyait quelques-uns de ses membres se rendre comple de la situation et sur leur rapport décidait les travaux à faire et la répartition des impositions nécessaires4.

Plus difficile que la voirie, la police des rues exigeait plus de surveillance, et à une époque où régnaient à la fois la guerre étrangère et la guerre civile, le principal était de restreindre les ports d'armes. Le Parlement se réservait d'autoriser, quand il le jugeait nécessaire, à porter des armes dans Paris et au besoin à s'entourer d'une escorte les personnes qui se trouvaient menacées5. En 1396 (30 mars) il

1. Lot. v°. Parlement dans le dictionnaire historique de Lalanne.

2. Arch. nat., X** 6, f. 17, 23 décembre 1328. Les habitants d'Ivry s'étaient plaints de cette obligation.

3. Ibid. X*a 1478, f. 340. Félibien, op. cit., Preuves, t. II. p. 5i0.

4. Arch. nat. X1* 6, f. 36 v°, 25 février 1329 pour la reconstruction d'un pont.

5. Ibid. X*« 13, f. 26, 6 avril 1351. « Ipsa curia concessit dicto Henrico ut

ordonna d'emprisonner tous ceux qui seraient trouvés porteurs d'armes à partir.dc six heures du soir jusqu'au lever du soleil !. Comme les principaux perturbateurs de la paix publique étaient les hommes de guerre il réprimait « avec la dernière rigueur les excès commis par tes gens d'armes du parti français* ».

C'est toujours à titre d'administrateur que le Parlement surveille les hôpitaux, y ordonne des visites régulières et nomme dans les maladreries les inspecteurs qui décident de l'admission des lépreux3. En 1361 (3 août), le Parlement enjoint au sénéchal d'Anjou de citer devant lui Guillaume Brunet, administrateur de la léproserie du Mans, accusé de mauvaise gestion, d'avoir laissé les bâtiments tomber en ruine, et de ne pas cultiver les terres et les vignes dépendant de l'établissement. Pendant l'enquête, le sénéchal devait nommer un bon administrateur provisoire '.

Ceux qui se prétendaient enfermés sans raison dans les hospices recouraient à lui. Maître Adam Perrin, avocat, enfermé dans une léproserie, à la requête des jurés de Montargis, après examen de médecins de Sens et de Troyes, puis condamné à l'isolement, appela au Parlement. Celui-ci le lit examiner à nouveau par les examinateurs de l'hospice Saint- Lazare, et sur leur rapport, il débouta l'appelant, le condamna aux frais du procès et ordonna aussi son isolement5.

ipse, et quatuor homines secum, arma ad suotum corporum tuitionem déferre valeant hinc ad annum », suit l'ordre à tous les officiers royaux de ne pa° les arrêter à cette occasion. Nous avons déjà vu que le port d'armes revenait de droit au Parlement comme cas royal.

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