Mémoires cTOmer Talon, t. VII, lre partie, p
pables, ou mis en liberté s'ils étaient innocents. Il y eut aussi requête de Mme de Longueville qui demandait à demeurer à Paris dans son hôtel de Soissons afin d'obtenir du Parlement la liberté de son père. Le Parlement s'étant assemblé, l'avocat général Talon reconnut que le Parlement serait compétent s'il s'agissait de faire aux princes leur procès; mais il n'était question que de leur emprisonnement pour raison d'État, matière dont le Parlement n'avait jamais connu. Aussi l'avocat général proposait-il que les lettres fussent envoyées à la régente pour qu'on eût recours à la clémence ou à la justice personnelle de Sa Majesté1.
Au fond, il soutenait en outre que la déclaration du 24 octobre 1648 ne pouvait pas préjudiciel' au droit absolu du souverain. En la forme, il prétendait, en invoquant un moyen de procédure, que la requête de la princesse de Condé n'était pas recevable parce qu'elle ne justifiait pas de l'autorisation de son mari. En même temps le Parlement recevait une lettre de cachet par laquelle la reine lui mandait d'envoyer des députés, promettant d'ailleurs de donner satisfaction. Le Parlement se réunit de nouveau et Gaston d'Orléans se rendit même à la séance. Il déclara qu'il avait été de l'avis de l'arrestation des princes et donna ses motifs. On profita de la circonstance pour accabler le cardinal d'invectives et de reproches. Mais, en définitive, le Parlement se prononça pour des remontrances par écrit en faveur de la liberté des princes. Il est juste d'ajouter que, malgré son discours, Gaston désirait maintenant cette liberté. En vain le garde des sceaux avait-il judicieusement fait remarquer aux gens du roi qu'il y a lieu à remontrances toutes les fois que le roi désire quelque chose du Parlement et que si le Parlement désire