‹ Le parlement de ParisChapitre 65 sur 238 · ISAMBERT, t. XV, p · texte numérisé non relu

ISAMBERT, t. XV, p

était celui qui portait « qu'il y aurait toujours à la cour un religieux de l'ordre des jésuites en qualité de prédicateur pour répondre de la conduite de ses confrères ». Cet otage eut l'habileté de devenir le confesseur du roi et les jésuites furent tout-puissants à la cour.

Les jésuites se vengèrent contre le Parlement et le désignèrent dans des pamphlets qui n'obtinrent qu'un succès de rire. L'ordre des jésuites ne réussissait pas plus lorsqu'il voulait s'occuper de justice que le Parlement lorsqu'il se mêlait aux affaires des jésuites1.

Cependant Henri IV continuait à songer à son grand dessein. Le siège de Sedan n'en était qu'un préliminaire et, lorsqu'il partit pour cette ville, il eut bien soin de recommander le dauphin à son Parlement2. Mais ces entreprises nécessitaient des préparatifs et des dépenses préliminaires considérables. Le roi voulut se procurer des ressources nouvelles par un édit dit du pied fourché. Cet impôt était tout à fait impopulaire ; aussi le Parlement adressa de vives remontrances. Le roi ne put s'empêcher de reconnaître qu'elles étaient sérieuses, mais néanmoins il pria sa Cour de passer outre et le lui commanda au besoin3.

De son côté, le Parlement obtint un succès en juillet 1607 en amenant le roi à signer un édit qui réunissait à la couronne son ancien patrimoine privé. Jusqu'alors Henri IV avait refusé de confondre son domaine privé avec celui de la couronne4. C'était une violation formelle des anciens principes consacrés notamment par l'ordonnance de Moulins. Les biens du nouveau roi devaient faire

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