LES GRANDS JOURS DE TROYES
Les grands jours deTroyes remplacent, au XIIP siècle, les jours des barons; ils furent fondés par Thibault et régularisés par Philippe le Bel en 1303. C'étaient les assises que tenaient les comtes de Champagne pour prononcer sur les appels interjetés par leurs vassaux : « Dies magni Trecenses ità vocabantur « assisiflB public» et générales, quas comités Campa- « niœ tenebant in urbe Trecensi, ad dirimendas et di- « judicandas supremo judicio majoris momenti con- « troversias, et quae per appellationem ab assisiis « balliviarum devolvebantur ; prœsertim verô lites « baronum CampanisB qui scilicet nuUo medio pende- « bant à comité (Ducange, V* Dies magm). » Les grands jours de Troyes se réunissaient à l'Ascension, à la Nativité, à la Quadragésime.
PARLEMENT DE BORDEAUX
Le Parlement de Bordeaux fut institué, vers 1462, au château de Lomberières (1). Il fut érigé pour les sénéchaussées de Gascogne, d'Angoulême, deLannes, d'Aymort, de Bazadoîs, de Pérîgord et de Limosin (Loysel, Traité du Domaine, L. II, tit. xv). La peste et des émotions populaires firent, à plusieurs reprises, transférer le Parlement hors de la ville. Ce Parlement comprenait cinq chambres : la grand'chambre, la tournelle, deux chambres des enquêtes et une chambre des requêtes. Il y avait deux avocats généraux, un procureur général et trois substituts ; Cent soixante avocats et soixante*quinze procureurs.
Les huissiers du Parlement étaient au nombre de dixHBCpt; le premier huissier jouissait de la noblesse.
Le 1" juin 1650, malgré les vives instances de Tavocat général Lavic et du premier président Pontac, maintenant les ordres du roi, le Parlement de Bordeaux rendit arrêt portant que la dame princesse de
(1) L'établissement du Parlement de Bordeaux est dû à l'édit de Louis XI, à Chinon, da 10 juin 1462 : Jean Tadert, président, Jean Avril, conseiller clerc, Jean de Sausay, conseiller laïque du Parlement de Paris, reçurent lesermenlt des conseillers.
Le Parlement de Bordeaux^ comprenant 13 présidiaux et sénéchaussées, s'étendait sur la partie septentrionale et occidentale de la Guyenne: Saintonge, Périgord, Limousin, Bordelais, Agénois, Bazadois, Gondomois. Landes, pays d'Albret, Ghalosse et Labourd.
Condé et le seigneur duc d'Enghîen, son fils, pouvaient demeurer^ dans la yille de Bordeaux, sous la sauvegarde de la justice.
Le barreau de Bordeaux a été et est encore nombreux et éloquent. Les avocats siégeaient, suivant leur ordre d'inscription, comme à Paris, où dans la salle des Pas- Perdus du Palais de justice, incendiée en 1618, se trouvaient les bancs où se tenaient, par ordre, les avocats inscrits au tableau. Le premier banc se nommait le pilier des consultations, puis il y avait le banc de la Prudence, celui de la Bonne foi, du Saint-Esprit, de rÉpée herminée. Les statues dçs rois de France, depuis Pharamond, étaient adossées, dans des niches, le long des murs, au-dessous desquelles étaient les bancs des avocats. Au recueil d'Uxelles se trouve une vue de cette salle.
— Le Parlement de Bordeaux comprendra les pays et sénéchaussées de Guyenne, Xaintonge, gouvernement de La Rochelle, Angoumois, Limousin, Périgord, Quercy au delà la Dordogne, Agenois, les Landes et Bazadois (Lettres d'injonction données par Louis XI, à Chartres, le 5 mai 1463). — Les conseillers clercs du Parlement \de Bordeaux ne pourront, soit en demandant, soit en défendant, pour raison de leurs bénéfices, $tre appelés hors de la ville de Bordeaux (Louis XI, à Chartres, 25 mars 1463. — Ord., T. XII, p. 157- 178). — Privilège accordé au doyen et chapitre de Bordeaux, de n'être jamais forcés de plaider que devant le sénéchal et les juges royaux (Louis XI, janvier 1481. — Ord., T. XVIII, p. 722). En 1451, dans la capitulation de Bordeaux, Charles VII promet d'y établir un Parlement pour toute la Guyenne ; cette promesse fut