juillet 1590 : Arch. du greffe, B 12086, f
4. Témoin l'emprunt de 70.000 écus fait en Suisse. Cf. Arch. dép. de la Côle-d'Or, C 3o;o, passim. V. ci-dessous.
ou autres denrées, quelles qu'elles soient », sous peine de confiscation de corps et de biens '. D'ailleurs, la nécessité où se trouve le Parlement de renouveler cette interdiction quelques mois plus tard, montre combien peu l arrêt de juillet avait été observé*. Enfin, les ligueurs, quels qu'ils fussent, étaient évincés de toutes les charges publiques électives ou non'; et il était défendu aux maires, viergs, échevins, procureurs-syndics ou autres habitants des villes, bourgs ou bourgades, dénommer entre eux quiconque eût porté secours, en quoi que ce soit, au duc de Mayenne*. A cette campagne contre les ligueurs se rattache essentiellement l'affaii'e Blanot. Maire à vie de Semur, Charles Blanot s'était empressé, après les premiers troubles du début de 1689, de faire profession de dévouement à l'Union et à Mayenne ; bien vives sont ses protestations de fidélité éternelle, au duc Charles, témoin sa lettre à Fervaques, en date du i5 mars\ Quelques jours plus tard, voici que Semur tombe aux mains des royalistes qui, depuis quelque temps, convoitaient cette place : le 3i mars, le comte de Tavanes et Cypierre y pénètrent avec leurs forces ; et, le lendemain, ils s'assurent du maire et de « trois aultres des plus séditieux* ». Une dépêche de Tavanes, en date du i" avril, recommande aux magistrats municipaux de ne plus recevoir les ennemis du roi.
1. Bib. mun. de Dijon. Fonds Saverot n" 3, III, fol. 3i. — Cf. Pièces justif.. n° V.
2. Hib. mun. de D'jon, Fonds Sai'erot n' 3, III, f" 46 : i" décembre iSSg. — Au 3 décembre 1594 (Breunot, II, 409), Breunot dit que Ceux du Roi font publier aux villag-es des environs de Dijon défense d'amener « aucunes commodités » à la ville, sur peine de pendaison.
3. Lettres patentes du 3i juillet i5yo {Arch. du greffe, B 12086. f» 49 ^'°) déclarant les maire, échevins et autres ofticiers des villes ligueuses déchus à jamais de toute charge publique. — Voj'. Arch. mun. de Dijon. A 12, pièce 15, la copie adressée par Valou au syndic des Etats de Bourgogne.
4. 5 juin 1589 : Bib. mun. de Dijon, Fonds Saverot n° 3, III, f" 19.
5. Corresp., II, p. 229, n" 4n. — H avait d'ailleurs réussi à jeter hors de la ville le gouverneur Cypierre (Mémoires de Ta^'annes, liv. III, t. VIII, p. 4S0), et ses bons sentiments, plus lard, le tirent élire député de l'Auxois aux Etats de 1093 (Auguste Bernard, Les Etats de i5g3, p. 4)-
6. Cf. les deux dépèches de Vaugrenanl à Henri III du 3i mars (Corresp., II, p. 209, n» 43:) et p. 2;4) n" 44o)- — Voy. Mémoires de Tavanncs, p. 480.
comme ils l'ont fait précédemment, et leur enjoint de prêter serment'. Blanot. ligueur avéré, restait cependant maire. Comme ses sentiments n'étaient douteux pour personne, les royalistes semurois ne tardèrent pas à intriguer contre lui. Claude Bretagne, lieutenant général au bailliage d'Auxois, que sa parenté avec la famille royaliste pai-lementairc des Bretagne' désignait pour être l'instigateur de ces menées, fit, avec laide et l'appui d'une partie des habitants^, les diligences nécessaires auprès du Parlement d'Auxois, afin d'obtenir que la charge de maire, que Blanot avait achetée à vie pour deux mille livres, fût déclarée élective*. Malgré les protestations réitérées que la municipalité de Semur fît entendre par la voix du procureursyndic Arthault, la Cour rendit, en juin 1.589, ^^ arrêt conforme aux vœux de Claude Bretagne : Blanot perdait sa charge et la mairie devenait élective. Les conseillers Yalon et Simon Hugon de la Reynie. avec l'avocat du Roi Maillard et le président de Crespy, à qui on avait offert la charge de maire, furent délégués pour assurer l'exécution de l'arrêt' et assister à l'élection qui eut lieu au prieuré Notre-Dame, le 24 juin*. La présence même de ces magistrats pesa sur le vote : Joseph "S'^ernot. docteur endroit, fut élu maire, et Maillard empêcha l'élection à l'échevinat de Jacques Arthault, procureur aux Cotu's royales, et de Jean Oudin, tanneur, tous deux suspects d'attachement à la Ligue; ils furent remplacés, en vertu d'un arrêt de la Cour, par Guenyot et Jacques Fevret. avocat au Parlement'. Claude Bretagne, que l'ambition personnelle avait