‹ Le parnasse breton contemporainChapitre 151 sur 198 · A LA DOUCE LUNE · texte numérisé non relu

A LA DOUCE LUNE

LORSQUE le crépuscule étend son voile noir Sur le jardin des cœurs où les fleurs sont pâmées, Les pauvres fleurs d'amour tendent, pour être aimées, La chair de leur corolle aux caresses du soir.

Viens, beau disque d'argent, impassible miroir ! Emplis les horizons de bleuâtres fumées.

Sur le rideau nacré des paupières fermées Versant l'oubli, l'extase et l'immortel espoir ;

L'oubli des bruits du monde et des volontés vaines, L'extase du silence et des langueurs sereines. L'espoir des nuits sans nombre et d'un néant sans corps.

Ravis nos âmes sœurs, comme en apothéose,

Dans la paix d^un sommeil sans crainte et sans remords,

Et fais de nos deux cœurs tme immobile chose.

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