‹ Le parnasse breton contemporainChapitre 153 sur 198 · LA CATHEDRALE · texte numérisé non relu

LA CATHEDRALE

SALUT ! palais de Dieu, superbe cathédrale Où s'ouvre avec splendeur l'ogive magistrale ! Éblouissant vitrail déployé sur l'autel, Comme un reflet lointain de la gloire du ciel ! Nef aux faisceaux légers, à la forme élancée, Jusqu'au trône éternel emportant la pensée !

Sanctuaire profond plus merveilleux encor !

Colonnes qui, prenant votre multiple essor.

Bondissez d'un seul jet jusqu'aux voiUes hardies Sous le dôme imposant avec grâce arrondies !

Lianes de granit courant sur les vitraux, De feuilles et de fleurs tressant les chapiteaux ! Arcades embrassant l'enceinte de vos ailes.

Pour voiler le Très-Haut et couvrir les fidèles! Double étage brodé dans la muraille à jour Dont l'ample galerie éclaire le pourtour.

Coupoles du saint lieu vers la nue envolées, Avec le vaste cri des cloches ébranlées, Quand l'orgue, préludant à des concerts nouveaux, De six siècles de chants éveille les échos !

BKHTBAND ROBIDOIT. 545

Ensemble ravissant de svelte architecture

Où Tàme, devinant sa sublime naliire,

Lit sa grandeur empreinte au front d.* Tart chrétien

Et reprend vers le ciel son vol aériciK

Mon Dieu! qu'il est heureux celui qui te contemple!

Ici tout prie, adore et chante avec le temple^

Et charjue arceau gothique est un accord joté

Pour célébrer ta gloire et ton éternité !

LES FLEURS QUI PAIiLENT

C'est le goût qui fait la paruri^ Et les fleurs savent sliabiller^ Sans le céder, je vous le jure, Dans le grand art de babilkr.

Souvent j'admire les toilettes Que leur tisse Monsieur Priolemps ; Je vois que dames et fillettes Ont des costumes éclatants.

Les époux sont-ils toujours sages ?

Qu'importe? Ils sont gentils toujours; La brise échange leurs messai^'cs^ La brise sème leurs amours.

Et fleurs et papillons, sans dont^^ Forment les concerts les plus doux.

La fauvette, ravie, écoute, Et les rossignols sont jaloux,

Ainsi la nature éternelle , Qui de soleils peuple les cieux, Sur la terre ici renouvelle D'autres paradis sous nos yeux.

Ces parfums, ces rayons, ces gammes, Invitant doucement les cœufs, Semblent aux sympathiques âmes Des voix, des amantes, des sœurs.

Donc promenant par les campagnes, Nous trouverons à qui causer, Car les fleurs, coquettes compagnes, Ne demandent qu'à deviser.

Page 1