‹ Le parnasse breton contemporainChapitre 37 sur 198 · EN VOYAGE · texte numérisé non relu

EN VOYAGE

LE train sur ses deux rails glisse à toute vapeur, Avec des meuglements sinistres qui font peur. vertige grisant d'une course éperdue !

volupté de fuir, dévorant Tétendue, Pareil au vil fétu qu'entraîne, en son courant, Au milieu des flocons d'écume , le torrent !

Le rêve vagabonde avec le paysage Qui point, se développe et meurt, dans un passage D'éclair. Et l'œil croit voir, dans les horizons bleus , Tournoyer le dessin de tapis fabuleux, .

Qui déroulent sans fin leurs magiques richesses, Étalés par les mains d'invisibles princesses. Et Ton conserve en soi, de ce décor mouvant, L'image enchanteresse et le reflet vivant :

Les coteaux aux blés verts, le lac aux ondes pures. Les bois où les bourgeons naissants font des guipures, Et, sous un ciel d'azur qui refoule les pleurs, L'éblouissement d'or des landiers tout en fleurs.

JEAN DASQUINE

(HONORÉ BROUTELLE)

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