‹ Le parnasse breton contemporainChapitre 63 sur 198 · LA JOIE DU SACRIFICE · texte numérisé non relu

LA JOIE DU SACRIFICE

(sonnet imité de l'anglais)

A J.-G. Ropartz.

NOTRE double destin cache un cruel mystère; Amie, il est écrit : ce fiel, ils le boiront. Et si mes pleurs brûlants ne baignent votre front, C^est vous qui pleurerez, à jamais, sur la terre.

Je m'offre, au lieu de vous, & vivre solitaire, A gravir les sentiers où mes pieds saigneront : Vous ne connaîtrez pas la blessure ou l'affront. Je gémirai tout seul, ivre de joie austère.

J'aurai cette douceur, dans mon plus dur tourment, Be vous savoir par moi libre éternellement.

Et, quand j'épuiserais la dernière amertume,

OÎJVIKH DE GOURCUFF. 85

Mon cœur de son chagrin ne voudrait pas guérir ; La peine deviendrait sa joyeuse coutume :

Il souffrirait, pour vous épargner de souffrir.

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