‹ Le parnasse breton contemporainChapitre 99 sur 198 · JÉRÔME LE 60FF · texte numérisé non relu

JÉRÔME LE 60FF

Soit plus lût, soit plus tard — qu'importe dansquel temps?mon ancêtre, en toi ton descendant salue Et Tancienne Armorique et ses preux habitants, Breton de vieille roche à l'âme résolue !

Forgeron ! tu fus, semblable au dur granit, Ferme devant Tenclume et devant la bataille : Bravoure, force, en toi le Ciel les réunit, Et les plus grands périls convenaient à ta taille.

J'aurais désiré vivre en même temps que toi; Mon honneur eût été de suivre ton exemple :

Le corps plein de vigueur, le cœur rempli de foi, Solide à la besogne, et pieux dans le temple!

Mais Dieu n'a point voulu réaliser mes vœux : Que son nom soit béni, sa volonté soit faite!. . . Le sort m'a mis parmi tes arrière-neveux Et n'a voulu de moi faire, hélas! qu'un poète. '

Un poète!... Un rêveur!... Un inutile!... — Oh! non, Inutile, jamais Breton ne saurait Têtre.

Je me souviens toujours du sens de notre nom, Je me souviens de mon devoir, 6 cher ancêtre!

Puisqu'à mon jour le sort m'a fait naître ici-bas , Que l'homme, quel qu'il soit, doit remplir une tâche, Je ne voudrai jamais renoncer aux combats :

Pas plus que mes aïeux, je ne puis être lâche.

Oui, crois-m'en. Forgeron, source de notre sang, Dont la main , tour à tour et levée et baissée , Façonnait le métal de son marteau puissant, Ton petit-fils travaille : il forge la pensée.

vos YEUX

JE compare vos yeux à ces claires fontaines, Où les astres d'argent et les étoiles d'or Font miroiter, la nuit, des flammes incertaines.

Vienne à glisser le vent sur leur onde qui dort, Il faut que Tastre émigré et que Fétoile meure. Pour renaître, passer, luire et s^é teindre encor.

Si cruels maintenant, si tendres tout à Theure, Vos beaux yeux sont pareils à ces flots décevants, Et Famour ne s'y mire et Tamour n'y demeure

Que le temps d'un reflet sous le frisson des vents.

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