‹ Le Parnasse breton contemporain, publiéChapitre 186 sur 217 · LE VIEUX MOBILIER · texte numérisé non relu

LE VIEUX MOBILIER

A nos enfants.

NON, mes enfants, ce vieux ménage, N'est plus de mode de nos jours, Mais il a vu votre jeune âge, Et c'est pourquoi j'y tiens toujours.

Il fut témoin, quand la misère Soir et matin régnait chez nous, Des pleurs versées par votre mère En vous berçant sur ses genoux.

Ce pauvre lit que je révère Comme l'abeille aime les fleurs, Ne fùt-il pas l'ami sincère Où sommeillèrent nos douleurs.

Et ce buffet si misérable, Il me rappelle un jour sans pain.

Où tristement, à cette table, Yous me disiez : Père, j'ai faim !

A ces heures infortunées Ont succédé des jours meilleurs ; L'enfant grandit et les années Ont fait de vous des travailleurs.

Yoilà pourquoi, j'ai l'assurance Que vos meubles seront plus beaux.

Mais les amis de votre enfance Les vendrez-vous pour des nouveaux ?

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