‹ Le Parnasse breton contemporain, publiéChapitre 25 sur 217 · ECROULEMENTS · texte numérisé non relu

ECROULEMENTS

A H. de Beaulieu.

QUAND la foi rayonnante et forte de jadis Illuminait les cœurs simples que rien n'altère. Ils n'étaient soucieux que du divin mystère Qui fait s'ouvrir le seuil rêvé du paradis !

Mais depuis nous avons goûté les fruits maudits De l'arbre décevant de la science austère. Et nous cherchons en vain à crier vers la terre Des mots mystérieux, qui ne seront pas dits !

Rêveurs toujours hantés d'une impossible envie. Nous jetons dans le vide éternel de la vie Ces lamentables cris à jamais sans écho I

Et leur clameur fait choir du haut de l'ànie sombre,

Comme les effrayants clairons de Jéricho,

Tous les espoirs divins qui s'écroulent dans l'ombre.

RAOUL DE BOISTAEL

(EUGÈNE DE KERLINOU)

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