PRIERE A SAINT YVES
A l'occasion de la mort de Mai- Bouché, évéque de wS'-Brieuc et Tréguier.
YVES, patron cVArvor, qu'aux sphères éternelles Les anges radieux couvrent de leurs deux ailes', De ces nuages d'or, là-haut, où vous planez, Voyez ici vos fils humblement prosternés.
Ce sont, tous, des Bretons dont la voix v^ous implore. Pour eux votre nom luit plus brillant que l'aurore : Par l'orage et la foudre assaillis trop souvent, Brûlés par le soleil ou glacés par le vent,
Comme petits enfants qui réclament leur père, Ils se tournent vers vous du fond de leur misère. Soutenez leur faiblesse, éclairez leur chemin, Sur leur tète étendez votre puissante main.
Ah! n'abandonnez pas notre pauvre Bretagne A tant de loups maudits cjui pillent sa campagne! Gardez-lui ses trésors : la foi dans tous les cœurs, Son idiome d'or, sa franchise, ses mœurs.
Innnortel avocat de la race bretonne,
Vous en qui Tréguier voit sa palme et sa couronne,
Couvrant d'or et de fleurs votre chef précieux.
Pour vos enfants, parlez! plaidez leur cause aux cieux.
1. Imité de Hi'izeiis, dans la Prière des laOourrurs : « Saint de notre pays, qu'aux sphères éternelles... » Non seulement on a employé ou adapté ici plusieurs vers de ce grand poète, mais on a surtout tenté de suivre l'inspiration de cette pièce et d'en reproduire le mouvement.