JANUS
JUPITER a vécu ; l'Olympe est resté vide ; Le Temps a, de sa faux, touché les Immortels, Déshonoré leur culte, aboli leurs autels ; Et Yirg-ile attristé soupire au bras d'Ovide.
Cependant, à qui sait, contemplateur avide. Repeupler de vivants, cirques, temples, castels. Un être monstrueux, aux traits sacramentels, Apparaît, grimaçant, sphinx étrange et livide.
— « Ton nom? spectre. — Janus, homme-dieu, roi latin. « Paix et guerre, passé, futur, soir et matin,
« Joie et deuil sont unis en mon double visage.
— « Bien : le calcul est vrai, le contraste plaisant.
« Mais pourquoi ne pas faire, humain autant que sage, « Dans ton masque éternel une part au présent? »
LA NISMOISE
(sonnet DEDUICT SELONC LE GOUST DES VIEULX FRANHOIS)
A Mme A. B,
COMME Proserpine avant sa destresse, Comme Hebe, la g-ente aux yeiilx de velours, Comme Ampliitrite en ses glauques atours, Comme l'Astarte, tant chière traistresse ;
Comme ung doulx perfum fleurant la tendresse, Comme ung- oyselet au tems des amours, Comme ung- guay soleil dorant les beaux jours, Comme ung pur zepbir, comme une caresse :
Par aiusy vrayment, reluysant dans Fair, Engeole et seduict vostre soubris cler ; Dessoubs le visaige on void briller l'ame.
Pour lors, ie me sens tout regoillardi.
Comme ung cliat frileulx ronronne à la flamme,
Chaufant ma Bretaigne à vostre Midy.
FRANCIS FLEURIOT RERINOU