‹ Le Parnasse breton contemporain, publiéChapitre 93 sur 217 · LES PIERRES DE CARNAC · texte numérisé non relu

LES PIERRES DE CARNAC

A M. de la Villeniarqué.

LE soir, vous inspirez une sainte terreur, Colosses de granit aux ombres gigantesques ! Quand la lune sur vous décrit ses arabesques , Le paysan breton se signe avec frayeur.

Un mystère profond plane sur votre horreur. Etes-vous les témoins de ces jours titanesques Où le ciel, foudroyant des tourbes soldatesques, Sauva saint Cornély des traits de leur fureur?

Etes-vous les piliers du temple des Druides ? Ou les stèles d'honneur marquant les places vides Dans les rangs des héros défenseurs du vieux sol ?

Etes-vous les jalons du conseil des Yenètes?... Qu'importe, si, par vous assuré de son vol, L'esprit s'élève à Dieu qui voit ce que vous êtes.

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